Mogwai + Twilight Sad @ Brixton Academy (Londres, 25/02/11)

Ma conscience professionnelle étant développée par-delà les limites du sérieux, c’est donc avec une heure de retard et dans un état semi-alcoolisé que je débarque au sein de la grande et majestueuse Brixton Academy, tu peux donc déjà faire une croix sur un quelconque passage à propos des Twilight Sad, groupe qui ouvre pour Mogwaï sur cette tournée, deuxième fois que je les rate sur un concert des écossais, on ne change pas une équipe qui gagne.

Ce concert du quintet, confidence pour confidence, j’y allais franchement à reculons, un dernier album suintant la redite autant que la bouse bien fraîche n’aidant absolument pas, mon seul souhait était donc de voir Mogwaï flamber de nouveau avec pléthores d’anciens morceaux, histoire de revivre ces jeunes années, lorsque conquêtes féminines et vie sociale manquaient à l’appel (comment ça c’est toujours le cas ?). La Brixton, c’est la grosse salle de Londres, capacité maximale de 4500 places sans pour autant ressembler à un hangar sans vie, l’intérieur respire la classe anglaise, à base de moquette et de balcons intelligemment placés. Ma venue tardive m’empêchera de me glisser devant mes idoles d’antan, l’obligation de rester à couvert se fait sentir, je découvre donc avec joie que je vais pouvoir profiter des discussions m’entourant pendant les chansons ainsi que des hipsters hurlant au viol dès qu’on les effleure, ça s’annonce bien, tout en isolation du monde extérieur et en mouvements de tête contrôlés.

La setlist que j’ai pu choper sur l’Internet ne mentait pas, les trois-quart du set sont composés du dernier album, morceaux d’une fadeur absolument inqualifiable, indigne d’un groupe comme Mogwaï et bon à plaire aux jeunes gens portant des chemises remontées jusqu’au col, c’est dit, passons, je m’intéresserai donc aux anciens titres du groupe.
C’est Friends of the Night qui me fait tiquer en premier, titre présent sur le très bon Mr. Beast, dernier album potable du groupe, morceau ici ravagé par la sono frisant avec joie les limites du désastreux, à tel point que j’ai failli le confondre avec Hunted By a Freak (honte à moi, je mérite le goudron et les plumes). Deux bières plus tard, trois notes, mélodie venimeuse, c’est 2 Rights Make 1 Wrong qui débarque, le son est un peu plus clair et permet de pleinement apprécier l’envolée du morceau, ce qui ne sera malheureusement pas le cas de la fin, tombant dans une bouillie sonore presque inécoutable. Je dois t’avouer qu’à ce moment là, mon porte-feuille commence à sérieusement gueuler à l’arnaque totale, jusqu’à ce que Stuart Brainwaithe balance l’accord de Christmas Steps. J’étais venu pour ce genre de chansons, grand bien m’en fasse, et sur le break, c’est toute la salle qui demande à son voisin le plus proche de la fermer; au moment où Dominic Aitchison enchaîne ses deux notes de basse, c’est toute la salle qui se met à trembler d’une rugissante explosion, et l’on retrouve l’ancien Mogwaï, celui qui arrivait à nous foutre des frissons sans même lever le petit doigt, à force de mélodies désarmantes et de déflagrations vrombissantes comme seuls les écossais en étaient capable. Un titre du dernier album plus loin, Brainwaithe lâche sa guitare contre une basse et pose ses fesses rebondies sur un tabouret nain, les die-hardcore fans captent tout de suite le manège et se regardent droit dans les yeux, non sans ressentir une pointe vivace d’émotion pré-pubère, c’est Helicon 1 qui va être joué, un frisson de jeune pucelle effarouché me parcourt l’échine, ce titre représente, pour moi, l’essence d’un groupe comme Mogwaï, avec une mélodie à faire chialer un caillou, une montée incroyablement prenante et un final à couper le souffle. Le son est juste comme il faut, ni trop fort ni trop faible, pile-poil au bon niveau pour regretter d’avoir laissé ces bouchons sur sa table de chevet mais aussi pour réveler certaines tendances masochistes qui pourraient someiller en toi.

Les gaziers se barrent, rappel obligatoire, on reprend les guitares, et pas pour n’importe quel titre, Mogwai Fear Satan, soit 16 minutes de bourrasques noisy sur une mélodie céleste, le quintet à au moins eu le soin de travailler sa sortie… où plutôt de préparer la mienne, car lorsqu’ils entament les quelques notes pas très fines de Batcat, c’est mon corps tout entier qui fait un bond vers la sortie, ne pouvant plus réellement supporter un tel gâchis.

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~ par Pacush Blues sur 31 mars 2011.

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