Part Chimp: « Thriller »

Artwork au goût douteux, nom d’album plus que suspect, temps de latence équivoque entre deux sorties, Part Chimp n’aura rien fait pour se faciliter la tâche. Et pourtant, ce « Thriller » se pose là, monolithe noir taillé dans la distorsion la plus baveuse et massive qui soit, mur de son tutoyant le jouissif avec une élégance et un rien-à-foutre profondément excitant. Car si l’on peut trouver une caractéristique bien propre au quatuor londonien, ce sera sans hésiter le fait que ces types aiment jouer avec tes tympans en tournant les potards de manière honteusement directe dans le rouge. Deux guitares, une basse, une batterie, le tout joué à fond les ballons, avec ce type d’électricité débordante de partout, chaos sonore poutrale mais pleinement orgasmique. Mais attention, ce bordel reste néanmoins organisé, avec ce qu’il faut comme mélodies pernicieuses pour te retourner totalement le cerveau, quand ce ne sont pas ces coups de butoirs incessants distribués à l’envie par un batteur-bûcheron savoyard ne relâchant quasiment jamais la pression sur son infortuné kit. C’est gorgé de fuzz, ça part dans tout les sens, ça dégage même une forte odeur de désert (« Trad », pôle position, riff punitif): tu l’auras compris, Part Chimp aime faire du bruit, mais toujours parsemé avec noblesse et attention de subtiles mélodies histoire de t’aider à tenir le coup.

 Et au milieu de ce boxon, une voix. Celle de Tim Cedar, six-cordistes en chef, voix posée, branlos comme jamais. Une voix qui tente de s’extirper lascivement du mur de son orchestré par ses collègues, détachée, limite déconnectée, à la manière d’un Jay Mascis dont le Dinosaur Jr aurait subit une mutation accentuant au maximum son côté crade et noisy. C’est ce contraste entre cette vague de son proprement inarrêtable, submergeante, étouffante et cette voix qui peine à sortir du tout, tranquille, organe vocal auquel on se raccroche au milieu de ce tourbillon d’incessantes vibrations qui me met constamment un genou à terre. Une bonne grosse boule de feu bien aveuglante, un album qui fait du bien par où ça passe, et si tu veux réellement détruire ce qui te reste d’audition, c’est direction la scène que tu te dois d’aller car c’est précisément là que le quatuor londonien ne fait simplement pas de cadeaux.

Part Chimp – Thriller (2009, Rock Action)

  1. Trad
  2. ffff
  3. Dirty Sun
  4. Sweet
  5. Tomorrow Midnite
  6. Today 2
  7. Today 3
  8. Super Moody
  9. Starpiss

Part Chimp

Publicités

~ par Pacush Blues sur 25 mai 2010.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :