Movie Star Junkies + Big Love & the Heartbreakers + Man In Box @ Trokson, Lyon (19/02/10)

Ce soir, c’est Movie Star Junkies, et vu la réputation du groupe sur scène, c’est proprement inratable. 21h au Trokson, le rendez-vous est pris, c’est donc sur les coups de 22h que j’arrive tout frais au sein de ce charmant bar, apprenant très vite que le premier groupe présent sur l’affiche, à savoir le duo Man In Box, vient de terminer son set. Pas grave, déja vu la semaine dernière et ceux-ci n’avaient de toute façon pas réellement réussi à déclencher en moi un violent torrent de passion et d’amour transi pour l’espèce humaine. Bref, c’est au tour des lyonnais de Big Love & The Heartbreakers de s’installer – quatuor avec deux guitares, une basse, une batterie – et d’entamer doucement mais sûrment leur set. Le flyer en cause comme d’une mixture entre la folle puissance d’Unsane copulant sauvagement avec des riffs garage d’un primitif et d’une rudesse hautement appréciable; le flyer est, contre toute attente, dans le vrai. Ça tabasse menu, sévère et massif, c’est parfaitement jouissif, mention spéciale au son de basse large comme un putain de mammouth, surplombé par ces riffs garages crados certes déja entendu mille fois mais parfaitement idoines dans un cas comme celui-ci, pour finir avec ce chant rageux et rugueux, titillant comme il se doit l’auditoire. On passera sur les poses du batteur frisant le difficilement supportable (arrête de faire le kéké avec tes baguettes s’il te plaît) car celui compense aisément en martyrisant ses fûts avec une vigueur non-négligeable et tout de même plaisante à voir. Tout ceci m’amène donc à conclure brièvement et de manière légèrement vulgaire sur le cas Big Love: c’était putain de bonnard.
 
Mais voilà qu’arrivent les Movie Star Junkies, gang louche provenant de l’Italie voisine et se sentant proche de la Grande Triple Alliance de l’Est, association de groupes débilisants basé autour de l’Alsace Lorraine et célébrant avec acuité, poésie et dérision de magnifiques thèmes comme les pratiques sexuelles douteuses, l’ennui, la drogue et l’alcool fort; on peut y retrouver des groupes comme Feeling of Love, the Intellectuals ou encore ces joyeux lurons d’AH Kraken. Cependant, tuile du jour, le batteur des Movie Star Junkies est malade, c’est pas grave, on à qu’a foutre le chanteur dérrière la batterie*, les deux six-cordistes se débrouilleront comme ils pourront avec les micros et en avant toute. Résultat, je n’y aurai vu que du feu tellement le quatuor italien aura lâché un concert en tout points mémorable, points que je me sens d’ailleurs d’exposer ici avec justesse et précision:
 
1) La base est respecté avec ferveur, chaque riff enfumé et alcoolisé jusqu’à la moelle du gang d’italiens va droit au but et reste foncièrement collé dans ton cerveau pour la semaine à venir. (mention spéciale à « Your Miserable Life », à se damner)
 
2) Passé ces riffs simple mais bougrement opérants, le quatuor révèle un charisme absolument imparable, suffit de voir ce batteur, complètement collé à son kit, frapper ses fûts de manière complètement épiléptique pour comprendre que la seule chose que tu pourras faire, c’est regarder, te laisser emporter et ne pas pouvoir résister.
 
3) L’atmosphère. Je t’ai déja dit que ces riffs étaient incroyablement efficace? Mélodies tueuses, car faciles à retenir et purement entraînantes, maIs aussi parcque celles-ci installent une ambiance incroyable prenante; rock’n’roll garage et psychédelique, alcools forts, déchéance, décadence, ta femme t’as lâché pour ton meilleur pote, tu noies ça dans le whisky au bar miteux et enfumé du coin jusqu’au petit matin. Ballades pour poivrots absolument ultimes mais pourvu d’une classe folle, quand ce n’est pas ces missiles punkisants plus rugueux dont l’intensité et la force rappelle les Birthday Party. Même proportion à balancer la sauce sans retenue, à tenter tant bien que mal de rester en équilibre, rester debout, s’égosiller pour son salut en maudissant tout ce qui t’entoure.
 
4) Un point qui n’est pas directement lié aux ritals, mais le public est à bloc, la cave du Trokson est blindé comme il faut et les tignasses s’agitent vigoureusement aux premiers rangs, quand ce n’est pas carrément une gigue endiablée et totalement désarticulée. Ça s’emballe même carrément sur les derniers titres, chose incroyable à Lyon, un mini-pogo se déclenche, rien ne va plus, c’est la fête, les Movie Star Junkies sont des dieux, je veux les revoir dans les plus bref délais. Amen.
 
Ça se finit dans la douleur et la transpiration, mon système auditif est partiellement détruit mais le putain de sourire niais qui monte jusqu’à mes oreilles compense aisément 
 
*car celui-ci possède le luxe de battre la mesure chez AH Kraken, il est donc tout à fait capable de lâcher sans problème un poum-tchak basique mais efficace

Movie Star Junkies

Big Love & the Heartbreakers

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~ par Pacush Blues sur 23 février 2010.

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