Karma To Burn + Sleepy Sun + Anaerobie @ Ground Gerland, Lyon (30/11/09)

Enfin, j’arrive en retard, enfin, assez tard pour que le premier groupe ait déja entamé son set. Joie. J’aurai pu d’ailleurs arriver encore plus tard, grace à Anaerobie, duo guitare-batterie du pays de la moutarde officiant assez piteusement dans le sous-Karma To Burn tout mou à coup de riffs entendus à peu près des dizaine de milliers de fois et porteur de handicaps aussi futiles qu’agaçants (enlève-moi ces trois cymbales et ce deuxième charley qui servent à rien, essaye de mettre un peu plus de conviction quand tu joues, pousse le volume la prochaine fois que tu viens ici et on verra). Le combo bière + clopes + discussions débiles ne menant à rien est donc rapidement choisi, et se trouve être assez captivant pour patienter jusqu’à Sleepy Sun.
 
Mais, problème de taille, ma situation de pauvre esclave moisi et fidèlement attaché à jamais au mirifique Grrrrnd Zero m’oblige, par pure volonté du devoir, à poser mon séant dérrière cette table pour faire les entrées. C’est donc les trois bons quarts de Sleepy Sun qui me passent sous le nez, mais la relève arrive à temps afin que je puisse assister aux trois derniers morceaux du sextet. Deux guitares, une basse, une batterie, deux moustaches, trois tignasses délavées, un batteur et un doublé de voix masculin-féminin pour un rip-off de Led Zep sournoisement opiacé et fort bien ficelé. L’homme chargé de ces solos bien psychédéliques me bute à chaque fois, sur chacune des montées orgasmiques que j’aurait le temps de voir, accompagné par ce superbe croisement de voix, mention spéciale au petit bout de femme qui se trémoussait dérrière son micro et possédant un organe vocal absolument impressionnant. Trois courts morceaux qui me l’ont carrément bien fait, dommage d’avoir raté plus de la moitié de leur set; je suis d’ailleurs pas le seul à penser que ces types ont du potentiel, la salle, bien remplie, en redemandera avec force et véhémence, mais restera vaine devant les trois Karma To Burn venant à leur tout installer leur matos.
 
Karma To Burn, trio essentiel du stoner pesant et grassouillet, que j’avais évidemment loupé comme une burne lors de leur passage de reformation à Paris, nous fait l’honneur de déposer leur van ici, à Lyon, devant le magique Grrrrnd Zero. Date inloupable, surligné 3784 fois au Stabilo dans mon agenda, que je ne pouvais me permettre de rater. Bref, le trio s’installe doucement, le batteur enlève sa combi et sa grosse chapka pour instantanément se retrouver en slip, le bassiste branche sa quatre-cordes tout en remontant ses lunettes de soleil sur son crâne tandis que le guitariste réajuste sa casquette avec précision et justesse: tu l’auras compris, la tension est juste à son maximum. « Oh shit… We’re Karma To Burn ». BOUM! C’est « Eight » qui vient de me péter à la gueule, si je ne m’abuse, et j’ai déja commencé à taper le headbang sauvage, massif et vrilleur de nuque en diable. Et ce sera comme ça tout le concert, à coups de riffs tueurs, ronds et gros comme une planète, absolument démentiels, d’un groove dantesque et phénoménale, juste vitale, prenant, magique… ça va, t’as eu assez de superlatifs ou t’en veux encore? J’avais oublié à quel point ce batteur à la tête de savant fou était complètement excellent dérrière ses maigres mais nécessaires fûts qu’il castagne avec une vigueur et une rudesse totalement bienvenues. Les deux autres, aux cordes, font leur boulot à merveille, le bassiste prend ses poses de bikers, mate à peu près toutes les trentes secondes le public pour jauger le taux de headbanging et bien s’assurer que « oui copain on aime bien ce que tu fais avec ta basse copain », le guitariste restant plus sobre et se contentant de lâcher ses riffs écrasants à la pelle. Tout ce que j’aime dans Karma To Burn est réuni pour que ce concert soit jouissif: puissance de feu, chaleur harassante et groove d’enfer pendant quarante-cinq minutes de purs tubes décadents et frondeurs, que demander de plus? Final incroyable sur l’énorme « Twenty », pas de rappel, et un sourire débilitant qui ne veut pas quitter ma face en prime. Concert de l’année.

Karma To Burn

Sleepy Sun

Anaerobie

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~ par Pacush Blues sur 8 décembre 2009.

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