Cheveu + Minuscule Hey + Computer Truck + Opéra Mort + BFL @ Mains d’Oeuvres (Paris, 25/09/09)

Encore perdu dans Saint-Ouen. C’est pas possible, Mains d’œuvres, je connais, j’y ai été fuckfesté, mais mon pitoyable sens de l’orientation me joue encore des tours. Fort heureusement, après moults tergiversations avec l’ami qui l’accompagne, son flair se révèle finalement de haute teneur et Mains d’œuvres s’ouvre à nous.
 
Et BFL a déja commencé. Petite particularité, une scène a été installée dans le resto, étroite planche de bois surélevée mais qui peut néanmoins contenir le quatuor dans son entiereté. Quatuor biscornu, d’ailleurs, pourvu d’instruments bizarres, et jouant une musique qu’on pourrait plus ou moins qualifier d’étrange. Paré d’oripeaux rétrogrades, peaux de bêtes et maquillage de rigueur, les quatre énergumènes sont accroupis et balancent, pour les deux titres que j’ai pu voir, une musique païenne, primaire, bassement intellectuelle et parfaitement jouissive. C’est assez dingue comme quatre types maniant une flûte, un synthé de gosse, une cymbale et un micro peuvent générer un son aussi simple qu’entraînant. Mention spéciale au malade mental déguisé en loup qui postillonnait de manière sonore dans le micro, les yeux grands ouverts, pour un dernier morceau aussi furieux qu’enfantin.
 
Pause goudron, et le public se transfère dans la salle pour assister à la prestation de Minuscule Hey, duo guitare/basse dont je ne sais absolument rien et qui ne me donnera guère envie d’en savoir plus. Leur pop, tellement décomplexée qu’elle en devient fadasse, n’atteindra mes chastes oreilles que quelques instants, histoire de mater leur chorégraphies et mimiques rigolotes, avant que je ne me décide à foncer d’un pas libérateur vers les toilettes. Pêche lâché, retour au resto afin d’observer avec attention Opéra Mort, duo bruitiste parisien (école Wolf Eyes), si je ne m’abuse, qui commence avec force et véhémence par moults stridences, bruits blancs et autres sons crispants mais néanmoins de très bonne facture, intense, partant sur une base rythmique simple et primitive, mais salvatrice pour ensuite envoyer la pâtée par palier sournoisement choisis. Envoûtant par sa violence, Opéra Mort se livre corps et âmes dans sa musique, le duo s’occupant avec soin de vriller nos esgourdes, se contorsionnant de manière dangereusement saccadé, les deux hurlant dans leur micros respectifs pour produire un son proche du sempiternel porc en phase de décapitation. Ca se finit dans la sueur et la transpiration pour nos compères, plus modestement dans la satisfaction pour moi et mon acolyte, et c’est d’un pas lent mais néanmoins agile que nous embrayons dans la salle afin d’aperçevoir ce qui représentait le plus gros morceau de la soirée pour moi: Cheveu.
 

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Cheveu donc, trio parisien coupable d’un des meilleurs méfaits de l’année 2008 (à l’artwork souple mais funky) que je n’arrêtais pas de louper à chacun de leur passage dans la capitale, une série noire qui fût mis à mal ce soir. Formation plutôt équilibré, l’aspect défensif étant représenté par l’homme assis retranché derrière une table sur laquelle se dresse son bordel mêlant clavier, laptop et autres machines déstinées à faire du bruit, tandis que l’aspect offensif était plutôt illustré par la voix (43024 micros + un synthé) et la six-cordes excentrée sur la droite.

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Deux morceaux inconnus au bataillon, histoire de se mettre en jambe, puis tout de suite, Cheveu ne rigole plus, et balance l’atomique nouveau single « Like a Deer In The Headlights ». Le message est passé, le public commence à s’activer, ça bouge bien, mais surtout, Cheveu dégaine son proto-punk nucléaire de manière punitive, et ça, c’est exactement ce que j’attendais. Musique de branlos inimitable, illustrant avec précision la célébration rituelle des chaudes heures de lose de ceux qui n’ont plus rien à perdre*, envahissante, magnétisante, d’un je-m’en-foutisme hautement appréciable, comme ce « Hello Friends », tuerie de leur premier album joué à une vitesse indécente par rapport à son jumeau sur bande, mais ne perdant aucunement son potentiel hypnotique.

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Ce soir, c’est tube sur tube, quelque morceaux du sans-titre (« Lola Langusta », l’intenable « Superhero », le déliquescent « Clara Venus » et son ulcère à l’anus), mais surtout une poignée de nouveaux titres aussi dansants que jouissifs dans une salle où la température commence dangereusement à flirter avec l’intenable. L’ambiance est au mouvement, le rappel est expédié avec rapidité et rudesse, et je finis avachi comme une bête, mais dans un état de contentement fortement élevé.
 
Computer Truck prend de suite la relève, pas le temps de souffler, le gus installe son bordel constitué de multiples instruments pour bambins salement modifié afin de servir le carnage technoïde lancé par son laptop.

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Le principe est simple mais parfaitement efficace en cette fin de soirée: electro frontale et rigide saupoudrée de mélodies enfantines et délicieusement absures donnant ainsi furieusement envie de se secouer le tronc en rhytme, particulièrement sur cette reprise d' »I Wanna Be Your Dog » fatalement menée, rudement mis à mal. On danse, on se casse, l’appel du métro se faisant de plus en plus pressant. Ce fût sacrément bon.

* phrase irrésistible que je n’ai pu m’empêcher de voler à l’excellent LJ Batista officiant dans le non moins excellent magazine Noise, décrivant à merveille le groupe.

un gros merci à sylvie pour les photos!

Cheveu

Computer Truck

Minuscule Hey

Opéra Mort

BFL

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~ par Pacush Blues sur 2 octobre 2009.

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