Lightning Bolt: « Hypermagic Mountain »

Ce groupe est une erreur, une boursouflure. Une mutation qui aurait mal tourné, qui réecrirait inlassablement le même morceau, même riffs supersoniques, même patterns de batterie épileptiques, tout ça répété jusqu’à l’infini. Deux Brian, Gibson à la quatre-cordes (dont une de guitare), Chippendale à la batterie, et toujours le même schéma: mélodies à air comprimé; lignes de basse célestes, stellaires, envoûtantes et massives comme une planète, d’une puissance à peine soutenable. Le tout mis sur orbite par l’autre Brian, derrière ses fûts, martelant ceux-ci avec une vigueur thermonucléaire stupéfiante, ne semblant jamais pouvoir s’arrêter, ou même ralentir quelques secondes, ne serait-ce que pour taper quelque chose de compréhensible sur sa batterie merdique (ride, caisse claire tâchée de sang, tom medium, tom basse et des troncs d’arbres pour baguettes). Non. Aucun compromis. Ce bougre trace tout droit, vitesse maximal, comme si sa vie en dépendait, que son cœur s’arrêterait de battre s’il ne faisait que tempérer sa folie polyrythmique. Fascinant, branché sur pile atomique durant toute la longueur d' »Hypermagic Mountain« , il trouve même le temps de placer quelques vocalises enfantines, incantations vaudou (« Megaghost« , le calme avant la tempête) au travers de son célèbre masque de catcheur qui lui permet de maintenir son micro à portée de lèvres. Mélangez ces deux Brian, et vous obtenez Lightning Bolt. Désaxé, de la musique qui pousse la tension sonore dans ces derniers retranchements, n’attendant pas que ça casse, mais jouissant juste de l’intensité que cela peut procurer: « Magic Mountain« , point culminant, simplement incroyable, électrisant, extatique, quatre notes qui t’envoient dans l’hyperespace, en transe, pendant les trente dernières secondes. Cinquante minutes sauvages, primitives, de bruit, de fureur, de rythmes incompréhensibles, de vocalise frissonnantes, de riffs turbo-virils et on en ressort frais comme un gardon. « Hypermagic Mountain » est le quatrième album des frères Brian, et, à part, évidemment, te conseiller d’aller le choper aussi vite que possible, je te demanderai juste avant d’aller vérifier les quelques vidéos live du duo qui traînent sur la toile, pour te filer une idée de ce que peut donner l’attaque de psycho-spermatozoïdes assaillant un ovule épileptique.

Lightning Bolt – Hypermagic Mountain (2005, Load Records)

  1. 2 Morro Morro Land
  2. Captain Caveman
  3. Birdy
  4. Riffwraith
  5. Megaghost
  6. Magic Mountain
  7. Dead Cowboy
  8. Bizarro Zarro Land
  9. Mohawkwindmill
  10. Bizarro Bike
  11. Infinity Farm
  12. No Rest For The Obsessed

Lightning Bolt

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~ par Pacush Blues sur 3 juillet 2009.

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