Villette Sonique: Jesus Lizard + Sunn O))) + Men Without Pants @ Grande Halle, Paris (27/05/09) // Lightning Bolt @ Folie P5 (Parc de la Villette), Paris (30/05/09)

Villette Sonique

Jesus Lizard + Sunn O))) + Men Without Pants @ Grande Halle, Paris (27/05/09)

Ce soir, Mercredi 27 mai, première affiche de l’excellent festival français Villette Sonique. Festival au bon goût prononcé, tant la venue (et le retour) du Roi Lézard semblait inéspéré en cette année de grâce 2009. Une date immanquable, pour tous ceux qui s’étaient pris une claque de près ou de loin sur un des albums de Yow et sa bande, éclectiquement complétée par Men Without Pants et Sunn O))), et qui se déroule dans la Grande Halle de la Villette.

Trois plombes pour trouver cette foutue halle, plutôt foutu hangar, vu la tronche que ça tire, et il est très exactement 20h30 lorsque j’arrive dans la salle; c’est à dire pile poil une heure après l’horaire prévu pour l’ouverture des hostilités. Horaire qui n’est absolument pas respecté, aucun groupe sur scène, celui-ci arrivera un petit quart d’heure plus tard. Men Without Pants, c’est Dan The Automator avec le batteur du Blues Explosions, et c’est sous la forme de quintette qu’ils débarquent: deux guitares, une basse, un violon et une batterie. Je pensais avoir affaire à de l’electro-pop niaiseuse, raté, ce sera du garage niaiseux, mais quand même vachement bien branlé. Une palanquée de tubes qui fleurent bon l’insousiance et la joie de vivre, groovy à souhait. Ca dure juste assez longtemps pour éviter la saturation, parfait.

Pause vidange, le temps que le couple Anderson/O’Malley se mette en place. A mon retour, c’est un impressionant mur d’amplis qui se dresse sur l’estrade, sous mon nez, plongé dans un lumière bleuté du meilleur effet. Le public commence à s’amasser devant la scène, attendant fébrilement une orgie sonore qui ne va pas tarder à survenir. Ils sont là. Soutanes noires, encapuchonnés, guitare à la main, bibine dans l’autre, détérminé à provoquer syncopes et malaises aux doomsters présents ce soir, poing levés, avide de vrombissements et autres saturations meurtrières. Branchement. Premier riff…
Fascinant. J’ai dit orgie sonore? Rien, du vide, du vent. Deux notes tenues pendant près d’une heure, défiant les lois de la lenteur. Insignifiant. J’ai dit vrombissements et saturations meurtrières? On m’avait pourtant prévenu: « Tu vas voir, Sunn O))) live, c’est une expérience physique ». Mon ventre gargouille légèrement, et le sandwich que je viens d’enfourner met un peu de temps à passer, incroyable. Quinze minutes d’infrabasse auront raison de ma patience; pause clope, qui me permettra de constater l’énorme bordel du duo américain au merch comparé aux deux pauvres t-shirts de Jesus Lizard qui se battent en duel…

Jesus Lizard, c’est pour eux que j’étais venu. Jamais vu live, je jouais encore aux petites voitures quand ils étaient à leur meilleur, et j’ai facilement laché quelques gouttes quand j’ai su que ces types se reformaient pour une nouvelle tournée. Quand j’ai entendu pour la première fois « Gladiator » sur « Liar« , après m’être relevé par l’énorme claque que m’avait foutu la basse dans les dents, la seule pensée qui m’est venu à l’esprit est: « ce son, j’ai toujours rêvé de l’entendre ». Billet en poche, à décompter les jours jusqu’à cette confrontation avec le Roi Lézard, et me voilà dans les premiers rangs, à attendre la punition. Premiers rangs déja assez excité, alors même qu’il n’y a personne sur scène, ça s’agite et ça ne demande qu’à péter. Denison débarque sur scène, suivi du reste de la bande, chacun derrière son instrument. Tension. Explosion. « Puss » est son énorme riff en dents de scie vient à peine de tomber comme une masse que Yow est déja en train de faire copain-copain avec le public, porté, éructant dans son micro comme si il ne s’était jamais arrêté de tourner avec ce groupe. Explosion qui gagne aussi le public massé devant la scène, putain d’ambiance, bon enfant, ça secoue, ça bouge, des types commencent à monter sur scène, sourire aux lèvres, ça s’annonce bien. Je vais pas te faire un dessin, la set-list est composé uniquement de tubes, de tout ces fabuleux morceaux d’une intensité incroyable. Denison aligne ses riffs meurtriers un par un, placide, levant rarement les yeux de son manche. Ce mec est un tueur, avec un jeu unique, tout simplement. Sim, quant à lui, est légèrement plus actif, relevant sa basse à chaque chataîgne envoyé dans l’estomac, tandis que McNeilly forge tout ce qu’on peut attendre d’un batteur de noise-rock: tabasser ses fûts et cymbales avec un groove de feu. Plus incroyable encore est David Yow. Le contraste entre lui et le reste de la bande est d’ailleurs saisissant, c’est le jour est la nuit. Quand chaque membre du trio instrumental reste de marbre, concentré, Yow, lui est déchaîné. C’est lui qui peut faire tout basculer d’un instant à l’autre, lui qui donne sa part d’incertitude à Jesus Lizard. Et ce soir, il ne se privera de faire son show. Yow danse, hurle, se déshabille, saute dans le public (« I can’t swim! »), crache, arrache le t-shirt d’un mec, pousse les types qui tentent de monter sur scène, passe le micro à un gars de la foule qui finit brillamment une chanson, fait des pompes, dégueule sur les groupes de première partie (« j’ai chié des merdes qui étaient mieux que ces deux groupes »)… et chante aussi, quand il peut. Magistral. Seul le son n’est pas au rendez-vous, bien moyen, ça passe, mais c’était pas celui de Shellac l’année dernière, dans la même salle. Pas grave, Jesus Lizard m’a simplement fait prendre un pied imposant, dix ans après ce groupe n’a pas pris une ride. Ça finit sur « 7 Vs. 8 », et c’est avec un putain de sourire con qui remonte jusqu’au oreilles que je donne mon meilleur pour tenter de choper ce dernier métro qui me permettra de ne pas dormir dehors.

Jesus Lizard

Sunn O)))

Men Without Pants

 

Lightning Bolt @ Folie P5 (Parc de la Villette), Paris (30/05/09)

Suite du festival Villette Sonique, ce samedi 30 mai, avec l’excellent duo ricain Lightning Bolt qui venait illuminer de sa présence, et ce gratuitement, le parc de la Villette. Un parc qui demeure pour moi un véritable labyrinthe, difficile de s’y retrouver, même avec un plan (ou alors mon sens de l’orientation frise le ridicule… je pense plutôt que c’est ça), et c’est avec un léger retard que j’arrive dans l’espèce de cuvette qui accueille le groupe. Cuvette déja remplie à ras bord, ça déborde de gens, autour du groupe (ils jouent à même le sol, faut-il le rappeler?), ainsi que sur le suppositoire métallique à l’arrière. « 2 Morro Morro Land » est lancé, entendre, c’est tout ce que je peux faire pour l’instant, parcque je ne vois absolument rien, une foule compacte me barrant la vue. Deux morceaux plus tard, après avoir mouliné des coudes de manière sournoise, clés de bras en avant, me remémorant les cours du judo suivi lors de ma tendre enfance, me voilà enfin à quelques mètres du saint-graal. Deux Brian, côte à côte, et pourtant incroyablement différents. Gibson à la basse, droit, juste, placide, pas une mimique, à peine un sourire quand un des zozos dans le public se prend un tom dans les dents et une cymbale dans l’œil; ce type effectue simplement ce qu’on lui demande, c’est à dire torcher des lignes de basses subsoniques, hypnotisantes, furieusement électriques et menant jusqu’à la transe (« Dracula Mountain », hallucinant). Transe qu’illustre à merveille l’autre Brian, qui se doit de suivre le bordel balancé par son compère en se sentant obligé d’en remettre une couche par-dessus. C’est simple, Chippendale vient se rajouter à la liste de tout les batteurs mutants que j’ai pu croiser en concert, aux côtés de Damon Che, le mec de Behold… The Arctopus, Zach Hill et j’en passe… Premier indice: ce type ne joue pas avec des baguettes, il tient des bâtons. Deuxième indice: sa batterie était giclé de sang à la fin du set du duo de Providence. Ça te suffit pas? Une batterie pourrie, deux cymbales, trois toms, une grosse caisse, mais il s’en tape, cet energumène masqué taille tout droit, à deux cent à l’heure, sans jamais s’arrêter, même lorsque les zozos sus-cités s’avachissent sur son kit, il reste droit, continuant de taper toujours plus vite, toujours plus fort. Tabassage intensif et frénétique de sa batterie, épileptique, tout simplement fascinant, et il trouve le moyen de blablater (son masque de catcheur n’est pas là que pour faire joli, y’a un micro qui est incrusté dedans) pendant les morceaux tout en jouant ses polyrythmies incompréhensibles, quand ce n’est pas pour demander au public de reculer, entre deux titres, pour éviter de se faire broyer par cette informe masse d’êtres avide de bruit et de fureur. Comme ça pendant une heure, sous un soleil de plomb, chapeau. Une heure de tubes bruitistes et dansants comme il faut, quelques uns que je reconnais, dont un magistral « Megaghost » (le sol tremble), d’autres qui me sont totalement inconnus mais qui ne se gênent par pour me convaincre d’entrée. Un petit rappel et c’est déja fini, Brian le batteur invite la foule à se diriger au merch pour acheter leur nouveau t-shirt moche, et je me retrouve tout penaud, à en vouloir encore. C’était trop court ! J’avais qu’à pas arriver à la bourre…

Lightning Bolt

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~ par Pacush Blues sur 1 juin 2009.

3 Réponses to “Villette Sonique: Jesus Lizard + Sunn O))) + Men Without Pants @ Grande Halle, Paris (27/05/09) // Lightning Bolt @ Folie P5 (Parc de la Villette), Paris (30/05/09)”

  1. Totalement en phase avec ce report, j’ai ressenti à peu de choses près les mêmes émotions (ou pas !) pour ces trois groupes.
    Pour ceux que ça intéresse je suis en train de poster des vidéos du concert de Jesus Lizard sur Youtube.Il y en a un petit paquet, ça va me prendre un peu de temps, l’image tremble parfois beaucoup mais ça retranscrit assez bien justement l’ambiance survoltée de la fosse au Yow !
    Ah oui mon pseudo sur Youtube c’est Apollosmouse2801.
    Au fait, très bon ce blog que je découvre à l’instant.
    Cordialement

  2. en parlant video et à défaut de le avoir vu pour cette tournée, celle-ci est ma préférée : http://vimeo.com/5000604

  3. ouais et surtout il a 2 CAISSES CLAIRES brian.
    c’est quand même important de le remarquer

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