Capillary Action + Eric Ferla vs Falter Bramnk @ L’Aéronef – Club, 30/04/09

Encore un concert gratuit à l’Aéronef en ce dernier jour d’Avril, moyen idéal de découvrir un groupe dont je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler, Capillary Action.

C’est Eric Ferla qui ouvre la soirée, accompagné de Falter Bramnk, deux Lillois donc, que je ne connaissais pas non plus auparavant. D’emblée, le duo me décontenance un peu: si les morceaux d’Eric Ferla, à tendance chanson française, sont de facture plutôt classique, la superposition de ces derniers sur les expérimentations noise (voire harsh noise, puisque lorsqu’il part dans les aigus, on se croirait pour peu chez Prurient) est plutôt inhabituelle. Je ne suis pas un grand amateur de chanson française, mais je dois dire que pour le coup, ça passe plutôt bien, et, fait assez rare pour être souligné, les textes en français ne me dérangent pas, lorgnant du côté de Diabologum – la biographie qui présentait le concert semblait d’ailleurs (semblait, car plutôt cryptique) indiquer qu’Eric Ferla était ami de Programme, ceci pouvant expliquer cela -. Le duo se transforme parfois en trio avec l’addition d’une violoniste, tandis que les instrumentations oscillent entre acoustique folkisante ou électronique minimaliste. Comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas vraiment mon genre, donc je ne peux pas dire que j’ai totalement accroché tout du long, mais j’ai quand même globalement passé un bon moment, malgré quelques petits soucis: je décroche par exemple carrément sur un ou deux morceaux qui me paraissent beaucoup plus faibles; je suis un peu dérangé lorsque’Eric descend dans le public en laissant l’instrumentation tourner sans aucune intervention de sa part sur son sampler: je sais bien que l’électronique permet ce genre de choses, mais j’aurais quand même préféré qu’il lace les rythmiques, samples et compagnie, plutôt que de juste lancer toute l’instrumentation et laisser tourner. Ces petits défauts sont rattrapés par quelques passages vraiment excellents, notamment la lecture du poème « Ossuaire » de Lucien Suel, déclamé sur fond de noise abrasive, ou encore le morceau basé sur une boucle électronique hypnotique sur laquelle viennent se rajouter des dissonances jouées à la guitare. Le temps de finir sur un morceau finement intitulé « Dans Ton Cul » (bravo), et le trio quitte la scène pour laisser la place à « Caterpillar Action » – en fait, il s’agit de Capillary Action.

Capillary Action, donc. Annoncés sur l’affiche du concert (très jolie d’ailleurs, mais que je n’arrive malheureusement pas à retrouver) comme du « Tropical Chaotic Jazz Avant-Prog Pop 100% Acoustic », tout un programme donc. Le groupe, tout droit venu de New York, est à géométrie variable (il n’y a qu’à voir l’impressionante liste de personnel sur leur myspace): ce soir, le chanteur/guitariste (et directeur musical, apparemment) Jonathan Pfeffer est accompagné d’un batteur, d’un contrebassiste, d’une accordéoniste et d’un tromboniste que je reconnais immédiatement, puisque je l’avais déjà vu jouer avec Nervous Cabaret l’an dernier aux Nuits Secrètes. D’emblée, la machine se met en marche, et je réalise que l’étiquette de l’affiche est tout à fait appropriée: imaginez un peu les Fiery Furnaces en formation free jazz, puissance 1000. Changements de structures et d’atmosphères toutes les trois secondes donc: on passe sans prévenir de fulgurances free jazz à des interludes vocaux, de courtes montées puissantes à des segments pop, le tout saupoudré d’un chant qui part dans tous les sens. J’ai un peu de mal à rentrer dedans au tout début, mais après un ou deux morceaux (soit à peu près 2 503 ruptures de rythme), on se laisse prendre au jeu de ce groupe qui déconstruit le format traditionnel des chansons, optant plutôt pour des compositions puzzle à mille facettes. Et là où le groupe est impressionant, c’est que non seulement ils se permettent de changer du tout au tout dix fois par minute, mais en plus, ce n’est même pas le chaos: tout ce beau monde est parfaitement en rythme, cadré, sans jamais perdre le fil du morceau. Assez impressionant. C’est inventif, captivant et constamment intéressant: il y a toujours de jolies trouvailles, que ce soit au niveau de l’instrumentation, des harmonies vocales (à trois ou quatre voix par moments). Pour couronner le tout, il s’avère que ces gens sont aussi forts sympathiques, parlant énormément avec le public entre les chansons (le tromboniste nous signale ainsi qu’il aime beaucoup Lille, et en particulier La Malterie – salle dont j’ai déjà parlé par ici, pour ceux qui ne suivraient pas -, qu’il y a sa carte de membre, avant de nous raconter qu’il y est une fois tombé ivre mort avant un concert qu’il attendait avec impatience, et que c’est pour ça qu’il faut boire avec modération). Une bonne ambiance donc, qui pousse le public à demander un rappel, ce qui fera dire au chanteur que nous sommes plus amicaux que le reste de la France – ce qui me laisse supposer qu’ils n’ont pas eu le même succès sur le reste de leur tournée française. Un très bon concert donc, et encore une belle découverte pour ce groupe novateur et « plutôt conceptuel » (comme le dira un spectateur à la sortie de la salle), mais pas seulement – loin de là -, sachant se montrer captivant et intéressant.

Myspace: Capillary Action
Myspace: Eric Ferla
Myspace: Falter Bramnk

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~ par SyrFox sur 8 mai 2009.

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