Mountains: « Choral »

choral-mountains_480Un drone clair s’immisce dans vos conduits auditifs. Tout semble ralentir, lentement. Une petite boucle électronique fait son apparition, quelques secondes plus tard, peu discernable, au loin. La masse sonore paraît imperturbable. Quelques frottements, des sons inidentifiables semble apparaître, viennent se greffer à cet ensemble lumineux. Le temps s’étire, s’arrête presque. Une basse apaisante vient compléter l’atmosphère. Vous voilà plongé dans Choral, un périple dont vous ne ressortirez qu’une cinquantaine de minutes plus tard.

Et puis, sans prévenir, cette formation vaporeuse s’estompe peu à peu et laisse place à un motif de guitare acoustique. Fin de la piste. Et vous voilà reparti pour une nouvelle piste de guitare acoustique, accompagnée de bruissements électroniques ici et là. La particularité de ce troisième album du duo new-yorkais Mountains (pour être honnête, je n’ai toujours pas écouté leurs deux premières livraisons), premier disque chez Thrill Jockey du groupe, c’est donc précisément ce mélange entre drone éclairé et folk acoustique mélancolique, le tout saupoudré de sonorités électroniques. Plus loin, des vagues discrètes de bruit brun affleurent, tandis que d’autres instruments se font entendre: harmonica, synthétiseur, violoncelle… Des couches mélodiques se dégagent lentement des nappes sonores, avant de fondre dedans à nouveau – ou inversement -, des arpèges aériens se superposent aux assemblages de strates. On ne sent plus le temps passer, et l’on reste totalement absorbé par les constructions stratosphériques du duo, qui dégagent une atmosphère éthérée.

Et soudain, après 35 minutes de vagabondage aérien, les vagues s’estompent, et laissent la place à Melodica, sommet du disque. Des frêles tintements de clochettes amorcent. Après deux minutes d’ambiances mystérieuses, apparait un soufflement, qui devient constant, enveloppant tout le reste. Et la mélodie, magnifique, se met lentement en place, gagnant quelques notes au fil du temps, puis s’accélérant, bouleversante, haletante, jusqu’à ce qu’elle se fonde en un seul son, virevoltant, tourbillonant, tournoyant. Une rythmique rapide s’y ajoute plus loin, avant de laisser sa place à nouveau à la guitare, qui vient conclure le morceau de la meilleure manière qui soit, alors que tous les autres sons s’éteignent lentement en fond sonore. Sheets Two clôt alors le disque sur deux minutes trente d’arpèges traités à l’écho.

Riche et dense,  ce Choral l’est indéniablement. Mais au-delà, ce qui transparait à l’écoute, c’est sa capacité à susciter les sentiments de l’auditeur, à travers les atmosphères mélancoliques dégagées par ses compositions sublimes. Soulignons également l’excellente production, qui fait sonner chaque son exactement comme il doit sonner, ce qui rend l’immersivité de l’album encore plus forte – et sa pochette, qui donne au premier regard l’envie de s’y plonger. Un très beau disque.

Mountains – Choral (2009, Thrill Jockey)

  1. Choral
  2. Map Table
  3. Telescope
  4. Add Infinity
  5. Melodica
  6. Sheets Two

Myspace: Mountains

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~ par SyrFox sur 28 avril 2009.

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