HEALTH + Pivot + Belleruche @ Le Grand Mix, Tourcoing (23/04/09)

Concert dans le cadre des Paradis Artificiels ce 23 Avril au Grand Mix. Les Paradis Artificiels est probablement le seul festival mettant en commun Benabar, Pete Doherty, Gojira et HEALTH. Plutôt éclectique donc, il y en a pour tous les gouts, et puis je ne vais pas me plaindre, puisque précisément, la soirée qui nous intéresse ici s’annonçait très alléchante: HEALTH donc, dont l’album tourne encore très régulièrement chez moi, et dont je me rappelle toujours la prestation l’été dernier aux Nuits Secrètes, mais aussi Pivot, auteurs en 2008 du furieusement addictif O Soundtrack My Heart, sorti chez Warp, et Belleruche, groupe de trip hop dont je ne connaissais absolument rien, mais dont on m’a dit le plus grand bien.

En arrivant dans la salle vers 20h, je constate que le matériel installé sur scène n’est pas celui de HEALTH mais de Belleruche: HEALTH, annoncé comme le premier groupe de la soirée, a en effet été relégué à la dernière position, un choix plutôt logique, au vu de la puissance du groupe, qui aurait peut être un peu trop contrasté avec Belleruche.

Commençons avec Belleruche donc: un DJ à ma droite, avec ses platines et son laptop, la chanteuse droit devant, et un guitariste à gauche. D’emblée, le groupe m’accroche avec son trip hop cool: le DJ se charge d’insuffler le groove nécessaire, avec ses rythmiques à tendance syncopées et ses basses chaudes, le guitariste apporte une légère touche rock, alors que la chanteuse, que l’on jurerait sortie d’une formation jazz des années 50, pose sa voix enjôleuse. C’est assez trippant, et le groupe ne tarde pas à m’accrocher: ces trois-là sont doués. Le groupe déballe principalement des morceaux extraits de son dernier album en date, The Express, mais également quelques morceaux de Turntable Soul Music, comme l’excellent Northern Girl (remerçions la chanteuse pour cet encart « setlist », puisque, très communicative – même si l’on ne comprend pas tout en raison de son accent à couper au couteau -, elle annoncera la plupart des morceaux). C’est planant, jazzy, groovy, et vraiment efficace. Un très bon moment donc, et une belle découverte: je n’hésiterai pas à retourner les voir lorsqu’ils repasseront.

Changement de matériel, et voici Pivot, avec leur batterie, leur laptop, leurs synthés, qui se mettent en place. J’étais assez curieux de voir comment ils allaient retranscrire leur mélange de rythmiques math rock, d’envolées post rock, d’electronica et de synthétiseurs rétro en concert, et la réponse ne s’est pas faite attendre: dès le premier morceau, Nothing Hurts Machine (à mon gout, meilleur titre du dernier album), le groupe montre qu’il ne faut pas s’attendre à de simples copies conformes des versions studio. Le groupe se permet des envolées de pur chaos, bien noisy comme il faut, et très surprenantes, avant de retomber sur ses pattes pour reprendre tranquillement la partie planante du morceau: le groupe se permet ainsi pas mal de libertés par rapport au disque, et c’est fort réussi. La setlist s’oriente principalement sur le dernier album, tant mieux, c’est le seul que je connais: après Nothing Hurts Machine, on aura donc le droit à l’imparable In The Blood et ses synthétiseurs rétro, qui prennent d’ailleurs ici beaucoup moins d’espace qu’en studio, au splendide Fool In Rain, sur lequel le batteur lache sa batterie pour prendre place au synthé, à l’hypnotique Didn’t I Furious, qui vous plonge en transe, à Sweet Memory et son riff « La croisière s’amuse », ou encore au morceau titre O Soundtrack My Heart, en clôture, mais aussi quelques morceaux que je ne reconnais pas, probablement extraits des deux premiers albums,  en particulier un, tout en montée, pour finir sur un magma sonore d’une assez grande puissance. C’est la grande classe. Le groupe transcende ses morceaux, en décuple l’effet. Les enchainements entre les morceaux sont très bien menés, le jeu du batteur ici démontre toute son originalité: peut-être le meilleur concert de cette soirée pourtant bien fournie en la matière. Après 45 ou 50 minutes de set (après tout, on est bien dans le cadre d’un festival), le groupe finit par quitter la scène.

Nouveau changement de matériel: l’armada de HEALTH envahit la salle. Des pédales d’effet dans tous les sens, des synthés bricolés, des guitares, etc. D’emblée, la furie se met en route: l’expéditif Girl Attorney ouvre les hostilités à grands coups de cris, de larsens et autres batteries tribales, puis le « tube » (en quelque sorte) du groupe, Crimewave, toujours aussi prenant, et c’est parti pour 45 minutes de noise rock intense et déchainé. Pas de répit, quelques secondes de pause à peine entre les morceaux, des explosions furieuses dans tous les sens, la batterie fracasse, des larsens partout, et au dessus, le chant à tendance éthérée du chanteur – qui alterne à quelques moments avec des cris hardcore -, ça saute et bouge partout sur scène, et vas-y que je passe de la guitare aux synthés au tom basse, etc. L’effet de surprise n’est plus vraiment d’actualité, mais je ne vais pas me plaindre, c’est toujours aussi prenant. Le groupe joue un bon paquet de nouveaux morceaux, six ou sept si mon décompte est bon, notamment l’excellent nouveau single, Die Slow, qui tournait en boucle dans mes oreilles durant les jours précédant le concert, quelques autres dont je me rappelle plus ou moins depuis l’été dernier (ou grace à Youtube: merci Youtube!), mais aussi des compositions inconnues au bataillon, comme ce morceau très tendu, commençant sur des cris avant de virer à l’hypnotique avec un riff de synthé presque techno. D’une manière générale, ce qui se fait ressentir, plus encore que l’été dernier, c’est que si HEALTH est toujours aussi bruitiste que sur l’album éponyme, le groupe a également tiré des éléments du remix-album qui l’a suivi (et que, pour le coup, j’avais trouvé imbuvable): leur musique est toujours aussi puissante et intense, mais le groupe y apporte, même sur les anciennes compositions, une bonne dose de groove, qui vous fait immédiatement vous secouer en rythme. En 45 minutes, HEALTH a aussi le temps de jouer la plupart des morceaux du premier album, entre une version speedée de Triceratops ou le saccadé Perfect Skin, la majorité du disque y passe. On ressort haletant du concert, les oreilles en compote, mais vraiment, ce groupe est très bon. En sortant, j’hésite à m’acheter un de leurs T-shirts, mais ils sont décidément bien trop flashy pour moi.

Une excellente soirée donc, et trois concerts de très grande classe. Bravo!

Myspace: HEALTH

Myspace: Pivot

Myspace: Belleruche

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~ par SyrFox sur 25 avril 2009.

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