Mi Ami + DLGZ ROCK5TET @ L’Aéronef – Club, Lille (13/04/09)

Décidément, quelle programmation pour l’Aéronef ces temps-ci! Et le mieux, c’est que non seulement le nombre de bons concerts est à tomber, mais il s’avère que certains sont en plus gratuits. C’est par exemple le cas de celui-ci, et du coup, même si je ne connaissais Mi Ami que de nom deux jours avant le concert, je n’ai rien à perdre, et je m’y rends.

Le temps de retrouver un ami devant le métro (Gare Lille Flandres pour la petite histoire, l’Aéronef est à deux pas de là), et c’est parti pour l’Aéronef. Le concert est gratuit mais des billets sont tout de même distribués, ça fera un souvenir. L’ouverture des portes était à 20h, mais c’est à 20h50 que j’entre dans la salle, littéralement au moment précis où DLGZ ROCK5TET, groupe lillois au nom imprononçable ou presque, démarre son concert. Comme l’annonce justement ce nom, il s’agit d’un quintette, avec un guitariste à ma gauche, un bassiste à ma droite, un batteur juste derrière lui, un gars qui s’occupe des machines électroniques dans le fond à gauche, et, en plein milieu, un chanteur. Mélangeant des rythmiques complexes façon math rock à des sons plus électroniques, le tout entouré d’un groove omniprésent assuré par la section basse / guitare, le groupe produit une musique originale, rappelant par certains moments Battles, mais de très loin – sans la voix trafiquée. Et la voix, d’ailleurs, c’est à mon avis le point faible du concert, en tout cas je dois avouer que je n’ai pas accroché: si les passages orientés spoken-word passent très bien, le chanteur se fourvoie souvent dans un lyrisme excessif qui me gêne un peu. Il est très doué, c’est clair (comme tous les membres du groupe, d’ailleurs, visiblement), mais j’aurais tendance à penser qu’un peu plus de simplicité serait souhaitable – par exemple, pourquoi systématiquement monter dans les aigus dès que la tension monte? Le set n’est franchement pas désagréable, mais ce n’est pas non plus transcendant (malgré d’excellents jeux de lumières), et finalement, je ne rentre vraiment dedans que lors du surprenant mur du son final, arrivant sans prévenir, et vraiment intense. Mention spéciale au membre qui se charge des programmations électroniques, car elles sont vraiment de qualité (mais j’y ai peut être fait plus attention en raison de mon attirance personnelle pour ces instruments électroniques).

Changement de matériel pendant les 30 minutes suivantes, et c’est Mi Ami qui prend place sur la scène. Récemment auteurs d’un premier album, Watersports, les membres du groupe sont au nombre de trois: Damon Palermo à la batterie, Daniel Martin-McCormick et Jacob Long, tous deux précédemment membres de Black Eyes, respectivement à la guitare/chant et à la basse. Le groupe attaque d’emblée avec le riff cisaillant de New Guitar, et immédiatement la transe opère: après quelques instants à peine le chanteur se met à chanter ses paroles (largement basées sur des « Echo!! No echo!! Echo!! No echo echo!! ») en jappant, toujours dans les aigus, tandis que la section rythmique se charge du groove derrière: rythmiques tribales et énormes lignes de basse sont au rendez-vous. La musique du trio est incroyablement communicative, les longs passages instrumentaux sur lesquels s’égrènent quelques notes de guitare tranchantes formant des mélodies acides nuançant les passages chantés qui donnent envie de sauter dans tous les sens. Le public ne se gêne d’ailleurs pas, et bien vite la plupart du monde se met à bouger, en particulier aux premiers rangs. La plupart des morceaux de l’album sont joués, tous sublimés par l’énergie du live: le chant devient vraiment irrésistible (« ECHO!! NO ECHO!! ECHO!! NO ECHO ECHO!! »), la section rythmique prend toute son ampleur. Une séance d’hypnose, une transe tribale. Le batteur décolle de son siège, on ne sent plus le temps passer, on se demande comment le chanteur arrive à chanter aussi aigu: le groupe maîtrise son sujet. On pourrait évoquer des ressemblances avec d’autres groupes, mais finalement toute comparaison serait superflue, tant Mi Ami possède son propre son. Après trois quart d’heures environ, le groupe finit par arrêter, avant de reprendre sans avoir même quitté la scène sous les applaudissements du public, qui semble vraiment apprécier. C’est au tour de The Man In Your House et ses longues montées vocales, qui se transforment en cris avant de laisser place à la grande explosion noisy. Le morceau finit par s’achever, mais le groupe, qui lui-même semble impressioné par l’excellente ambiance dans le public, nous gratifie d’un second rappel, « pour calmer le jeu ». Plus calme donc, mais tout aussi groovy. Au début du morceau, le batteur prête l’une de ses percussions à l’un des membres de l’assistance, en l’invitant à monter sur scène (ils sont sympathiques avec ça!): celui-ci ne se fera pas prier et viendra taper les temps pendant que le groupe joue, avant de faire monter d’autres personnes pour danser sur scène, pendant que la percussion semble passer un peu partout dans le public. C’est grandiose. Le morceau finit par s’achever: Mi Ami peut prétendre avoir livré un grand concert. Je suis forcé d’acheter l’album en sortant, qui, même s’il ne reproduit totalement pas l’intensité du concert (mais cela aurait été un exploit), reste un excellent disque, et une autre très bonne surprise, en ce décidément riche début d’année.

Myspace: Mi Ami
Myspace: DLGZ ROCK5TET

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~ par SyrFox sur 18 avril 2009.

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