Electric Electric + John Makay @ La Malterie, Lille (27/03/09)

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Merci le 20 Minutes, bis. Parce qu’une nouvelle fois, si je n’avais pas eu la bonne idée de jeter un œil sur la page « Concerts » du journal (je précise que je n’ai pas d’actions chez eux, on ne sait jamais), je n’aurais probablement jamais entendu parler de cette soirée ou d’Electric Electric ou John Makay, dont je n’avais jamais entendu la moindre note auparavant. Bref, la mention « Noise Rock » attire mon regard, et quelques heures plus tard – et un paquet de recherches sur Internet au passage -, je décide de me rendre au concert.

La salle ouvre ses portes à 20h30: est-il réellement utile que je présente une fois de plus la Malterie, alias la-salle-dont-le-plafond-est-à-deux-mètres-et-dont-la-scène-est-à-même-le-sol ? Pendant une heure, on a le droit à une sélection musicale de très bonne qualité, où défileront Fuck Buttons, Battles ou autres Liars. C’est donc finalement à 21h30 que la première partie se met en place.

« Salut on est les John Makay!! ». Dites donc, ils ont l’air sympathiques ceux-là. Les John Makay sont deux, un guitariste, un batteur (qui affiche un t-shirt « Van Damme – Le Grand Tournoi » d’un goût exquis), venus tout droit de Picardie – d’Amiens pour être précis -, et d’emblée, le ton est donné: ici, c’est math rock ou rien! Et même si les premières secondes me laissent perplexe, cette indifférence ne dure pas longtemps, et l’on rentre bien vite dans le set du groupe. Evidemment, les rythmes sont forcément d’une complexité mathématique, la guitare est en mode slapping quasi-permanent, la batterie bastonne bien, on change de structure trois fois par minute, bref, on est dans du pur math rock, mais surtout, la musique du duo fourmille de bonnes idées: quelques rafales supersoniques bien senties, une alternance entre passages plutôt jazzy et d’autres carrément explosifs, et puis des plans intéressants dans tous les sens (comme ce pattern de batterie presque dance sur un morceau de la fin du set). Peut mieux faire pour l’originalité donc, mais le set du duo n’en reste pas moins jouissif. Sans compter qu’en plus d’être doués, les John Makay sont décidément très sympathiques (à l’image de leur Myspace, qui, outre une liste d’influences qui vaut franchement le détour, clame « Entre Washington DC et Washington de là-bas! ». Bravo.), communiquant (sans micro) systématiquement avec le public entre les morceaux. A un moment, le groupe annonce qu’ils vont jouer « une chanson d’amour ». Ahahah. La bonne blague. En fait de chanson d’amour, c’est un morceau survolté de très bonne facture auquel nous aurons droit. Le set finit par s’achever, après 45 minutes, et j’en ressors très convaincu de la prestation du groupe.

Quinze minutes de pause, le temps d’installer le matériel d’Electric Electric, le temps aussi de profiter à nouveau d’une sélection de qualité, entre Gang Gang Dance et Broadcast.

Electric Electric, donc. Au vu des informations glânées sur la toile, je savais que le groupe avait une solide réputation. Mais je ne m’étais pas attendu à un tel choc. Le groupe s’installe et commence tranquillement, un riff math rock, une rythmique plutôt tranquille, rien de foncièrement menaçant. Et puis sans prévenir, c’est parti. Le guitariste produit un vacarme hallucinant et des boucles psychédéliques, les deux synthés balancent des sons hypnotiques, et le batteur instaure une rythmique insoutenable, technoïde, qui vous ordonne de vous secouer en rythme. Une tornade. Qui ne s’arrête pour rien: l’intensité ne retombe JAMAIS, le groupe joue sans interruption et sans la moindre accalmie pendant quinze minutes, un magma sonore d’une puissance inouïe soutenu par cette rythmique imparable. Et puis le cyclone s’arrête, quelques secondes de pause, et c’est reparti pour une nouvelle secousse sismique. Le terme « Epileptic dancing noise » du flyer est parfaitement justifié. Et la tension ne descend jamais d’un cran. Morceau après morceau, le groupe terrasse tout sur son passage à grands coups de nappes noise, de samples distordus, de boucles hypnotiques, tout en laissant le soin aux rythmiques de prendre le contrôle de votre corps. Les comparaisons avec Ex Models sont effectivement justifiées, mais Electric Electric a sa touche personnelle, son truc, qui fait que l’on a l’impression d’assister à quelque chose de radical, de novateur. Les accélérations de cymbales ou déstructurations du batteur viennent progressivement amener des nouveautés dans les rythmiques, mais toujours avec la même efficacité. Et lorsque le guitariste empoigne des baguettes pour venir se joindre à la section rythmique, il est tout à fait impossible de résister. D’ailleurs, personne ne résiste: c’est épuisant, mais tout le monde est dedans. Il n’y avait peut être que trente personnes dans la salle, mais personne ne reste insensible, à peu près tout le monde bouge. Le groupe finit par quitter la scène… puis par revenir suite aux acclamations du public. Une ultime onde de choc, et le concert se termine, une heure et dix minutes après avoir commencé. En sortant de la salle, une seule certitude: ce groupe est immense. J’ai beau écrire ce que je veux, aucun mot ne pourra rendre compte de la puissance dégagée par Electric Electric en live. C’est remarquable. J’ai le sentiment d’avoir vu là l’un des meilleurs concerts de ma vie (certes, je bénéficie encore du tarif lycéen). A ne rater sous aucun prétexte!

http://electric.electric.free.fr/
Myspace: John Makay

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~ par SyrFox sur 28 mars 2009.

Une Réponse to “Electric Electric + John Makay @ La Malterie, Lille (27/03/09)”

  1. excellent l’article, ça donne envie d’aller voir, si ils passent dans le coin …

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