But God Created Woman + Pneu + Janedarcvador + C’Est Pu L’Temps Gras @ Pixi, Paris (17 janvier 2009)

pneu_web2

Soirée tout à fait intéressante qui se profile ce samedi 17 janvier, organisé par l’asso’ Arrache Toi Un Oeil, qui convie des groupes pour ce qui pouvait avoir l’air d’un concours pour déterminer qui aurait le nom le plus débile: les ritals de But God Created Woman, tête d’affiche, avec Pneu, Janedarcvador et C’Est Pu L’Temps Gras pour office de première partie. C’est au Pixi, ça me fait traverser Paris, mais au moins je peux te dire que je n’ai pas regretté le déplacement. Arrivé un peu en avance, le temps d’engloutir un merguez-salade, un demi, et C’est Pu L’Temps Gras décide de commencer son set.

« Synthé pop lo-fi » que précise le flyer. Ok, ça marche, ils ont juste oubliés de préciser que C’est Pu L’Temps Gras était aussi un trio de sacrés rigolos. Un synthé, une guitare éléctro-acoustique, une batterie toute pourrie, et en avant marche. De toute façon, avec des titres de morceaux comme « Les Cultivateurs de Maïs C’est Des Saligauds Parce Que Ca Consomme Trop d’Eau », « Linux » où « Comment C’est Bien La Drogue », on peut être sûr que ces types n’intellectualisent pas de trop leur propos. Reste un groupe qui nous démontre son sens du professionnalisme, à grands coups de « C’est quelle chanson après? », « C’est capo 2 ou 3 la prochaine? », « Ou qu’il est passé mon médiator? », etc… Bref, niveau musical, c’est pas très recherché (de la synthé pop lo-fi de base) mais les paroles sont par contre  à s’uriner sévèrement dans le slip. Ou alors, peut être que je suis bon public, va savoir… « Là, c’est la dernière chanson donc c’est la violence », dernier morceau joué plus intensément, criée, bébête et assez jouissif finit donc ce set fendard.

janedarcvador2

Changement de plateau, place à Janedarcvador. Il s’installe sur le flanc avant gauche de la minuscule scène du Pixi, avec autour de lui une batterie électronique, un micro, et un laptop. Le bougre se présente, interagit avec le (maigre) public pour les réglages sons, et lance sans attendre son set. C’est un bordel sans nom. Il se sert du laptop pour balancer des samples absolument inaudibles et joue de la batterie par dessus. Parfois, il crie dans le micro, pour pouvoir faire encore plus de bruit. Le tout me fait pas mal penser à Zach Hill, le problème, c’est que Janedarcvador n’a pas le talent de batteur du blondinet hippisant, et n’arrive presque pas à tenir un rythme binaire correctement. Résultat, si pour Zach Hill ça passe car le show garde un intêret visuel assez important, pour notre ami nancéen, l’effet tombe à plat, malgré quelques parties vraiment accrocheuses. Les titres de ses chansons étaient quand même marrants, et le jeu de mot caché dans son nom, plus subtil encore (j’ai mis plus d’une demi-heure à le trouver, quand même).

pneu

Suivant, au tour de Pneu (vainqueur du concours haut la main pour moi ce soir). Les tourangeaux s’installent « à la Lightning Bolt », au milieu de la salle, batterie, guitare et l’énorme ampli qui va avec. C’est fait en deux temps trois mouvements et le duo démarre. Et ils rentrent très vite dans le vif du sujet. Si leur « dancing noise » (pour le coup, ils se sont pas plantés, elle est bien « dancing » leur noise) est déja vraiment excellente sur CD, mais que dire du concert de ce soir? Tout d’abord, ce batteur, à la barbe léninisante comme me l’a fait remarquer mon acolyte, est véritablement hallucinant. Il y a deux mois, c’était Damon Che, quelques semaines, c’était Zach Hill, voilà maintenant que je dois faire face à la parfaite synthèse de ses deux exceptionnels batteurs. Une gestion efficace de la double, monstrueuse de groove, à la Damon Che, et une vitesse d’execution assez incroyable, propre au batteur mutant de Hella. Mais comment fait-il pour se rappeler de tout ses breaks en cascades? Me voilà encore traumatisé, c’est pas demain la veille que je retoucherai à une batterie. Mais Pneu est un duo, qui comporte aussi un guitariste. Une guitare qui balance des plans plus tordus les uns que les autres, influences math-rock dans la poche, mais n’oubliant pas de conserver cet esprit punk qui fait toute la différence du groupe par rapport à d’autres combos qui jouent avec une calculette à la main. Cet esprit punk, qui les font jouer à 100 à l’heure, tout est enchaîné le plus vite possible, pas de temps mort, guitariste et batteur se font face, se regardant droit dans les yeux, sourire collé aux lèvres, luttant pour garder cette dynamique de folie, cette intensité omniprésente, donnant tout ce qu’ils ont dans le ventre pour faire vivre leur son, au diable les imperfections. Leur énergie est incroyablement communicative. Résultat: c’est la tête qui commence à bouger le première, puis les bras, les jambes, le corps entier, on danse, le cerveau débranché. Rarement je n’ai été captivé de bout en bout comme ça, une claque dans la gueule. Chapeau.

but-god-created-woman

Pneu a mis la barre haute, très haute. Au tour de But God Created Woman de relever le défi. Le quatuor se met en place, format losange, batteur sur la base arrière, guitaristes sur les flancs et chanteur droit devant. Ces ritals ont des têtes de mannequins, c’est assez hallucinant, il en faut peu pour les imaginer en train de défiler sur un podium ou de faire une session photo pour une pub de parfum. Le groupe commence, et je me les raisons pour lesquelles j’avais pensé que ce groupe était un rip-off complet de ces sales misogynes pervers américains d’Arab On Radar me pète de nouveau à la gueule. C’est simple, à chaque plan des italiens, j’ai l’impression que c’est un plan du combo de Providence qui va débouler ensuite. Un peu gênant au début, on s’y habitue vite. Car But God Created Woman est certes un rip-off total, mais qui pour autant n’en est pas forcément absolument atroce. Plus sauvage, primaire et brut que leur confrères skin graftiens, But God Created Woman rentre directement dans le lard quand Arab On Radar te détruit le conduit auditif par petites piques bien placé. Les plans sont serrés, tendus comme un slip, le groupe se démène sur la toute petite scène, le chanteur est en transe, ils essayent d’atteindre le stade ultime de l’aliénation sonore (ouais, ça veut rien dire, mais ça sonne bien), bref, tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un groupe qui copie Arab On Radar. C’est vraiment bon, mais il faut reconnaitre qu’ils n’arrivent pas à atteindre le niveau d’intensité et de folie de leur collègues américains. Reste tout de même un concert assez bonnard.

Merci à Ben pour les photos

But God Created Woman

Pneu

Janedarcvador

C’est Pu L’Temps Gras

Arrache toi un oeil

Publicités

~ par Pacush Blues sur 25 janvier 2009.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :