Zach Hill + Erik Minkkinen + Berthold + Hélicoptère Sanglante @ La Miroiterie (Paris, 22/12/08)

Ce soir, c’est Zach Hill, batteur mutant du duo math-rock Hella qui nous fait l’honneur de sa visite dans le but de nous présenter son dernier album solo, l’inaudible mais pourtant jouissif « Astrological Straits ». Il sera accompagné de groupes non moins intéressants tels que Erik Minkkinen, Berthold et Hélicoptére Sanglante. Bien décidé que je suis, je ne louperai pas les premières parties. J’arrive donc à 19h30, heure de d’ouverture des portes précisé par le flyer. Elles ouvriront à 20h30. Pas grave, on passe le temps, discutailles avec le guitariste d’un groupe qui veut la mort de nos amis mammifères ongulés omnivores, sustentage avec un magnifique pâté-cornichons-beurre, et les portes s’ouvrent enfin, délestage de 6 euros et j’entre pour de bon dans la Miroiterie.

Hélicoptère Sanglante est déja fin prêt, plongé dans une lumière verte pomme, il est posté derrière une table, avec sur celle-ci deux bouteilles de pinard, une flûte et du matériel électronique pour faire du bruit. Hélicoptère Sanglante joue du harsh-noise. Problème, je suis pas trop familier de ce genre de musique, difficile donc d’en disserter comme ça… J’ai trouvé le premier morceau vraiment excellent, hypnotisant, s’intensifiant lentement à base de drone et de loops qui s’empile, puis se stoppant net. Aucune réaction de la part du public, à part d’un gus: « ambiance parisienne… personne aurait des bouchons? ». En même temps, faut avouer que le morceau était tellement prenant qu’applaudir, après que le titre ait été coupé aussi brutalement, n’est pas la première chose qui me soit venu à l’esprit. Après, va savoir, peut-être que le public trouvait ça nul à chier. Bref, le deuxième morceau par contre, je l’ai trouvé beaucoup moins bien, le gars fait joujou avec ses bouteilles et sa flûte, trafique des bande radios, mais rien de vraiment cohérent n’en ressort. C’était quand même rigolo de le voir s’acharner sur ces petites machines. Fin du set, Hélicoptère Sanglante et sa jolie moustache retire son costume (son costume de quoi? aucune idée.) et laisse place à Berthold.
Et Berthold se lance. Trio guitare-basse-batterie, t-shirt Mudhoney pour le batteur, mais les influences ne se situent pas dans le bourbier grunge de Seattle. Indie-rock parfumé d’attaques noise, le trio gère superbement bien l’intensité de ces titres, avec une tension qui s’impose subtilement, au fur et à mesure de chaque morceau, pour finalement te sauter à la gorge sans que tu t’en rendes compte. Le doublé vocal guitariste-bassiste fonctionne bien, à l’unisson, se répondant, se suivant, et fait monter la sauce. Pas mal pensé à Slint durant leur set, même si Berthold n’est en aucun cas un copié-collé du groupe de Louisville. De bout en bout, le set du trio reste captivant, ne lachant jamais l’affaire, prenant. Bien bon.
Berthold s’en va, au tour de Zach Hill. Le bougre arrive, dégaine d’écolier, grosse doudoune verte, mouflasses jaune fluo, chaussures rouge pétant, tignasse hippisante, cartable de gosse, ne lui manque plus qu’une gameboy pour parfaire le tout. Il s’installe tranquillou, le temps pour lui de monter sa batterie toute pourrie, mais sur lequel il a pourtant traumatisé une génération de batteurs. Ce soir Zach jouera seul, accompagné de son mp3 branché à burnes sur les enceintes, qui sera chargé de balancer « Necromancer » le morceau additionnel de trente minutes sur son dernier album. Ca commence, et sa ne s’arrêtera plus. Il ya quelques semaines, c’était Don Caballero et l’incroyable Damon Che, j’étais déja miné, mais alors là, je crois que je ne retoucherai plus à une batterie avant longtemps. C’est simplement hallucinant, jouer à une telle vitesse ne devrait pas être permis, une avalanche de polyrythmes complètement dingues que même avec cinq bras et huit jambes tu serais pas capable de rejouer la moitié du quart qu’il balance. Ce qui est encore plus jouissif, c’est que Zach Hill envoie chier tout les batteurs jouant sur cinq grosses caisses, 38 toms et 54 cymbales, comme Joey Jordison ou Mike Portnoy, avec seulement deux cymbales, trois toms et une pauvre grosse caisse. Visuellement, c’est impressionnant, et le bougre ne simule pas son plaisir, se lève, va jusqu’à frapper ses cymbales avec ses points fermés, faisant corps avec son instrument. Maintenant, musicalement, c’est autre chose, « Necromancer », c’est simplement de la bouillie sonore, à laquelle on accole les beats fous de Zach Hill. C’est l’impression que j’en ai eu, peut-être est-ce différent sur CD. Malgré ça, le show reste captivant tant la moitié rythmique de Hella présente ce soir se donne à un niveau assez incroyable. Certes, ça ressemble un peu à une démo de batterie sur trente minutes, mais alors, une démo simplement hors du commun. Ce batteur est, de toute façon, hors du commun. Reconnaissable entre milles. Un des rares à fare autant corps avec son instrument, à en être autant attaché. Ce genre d’attachement viscéral qui pousse à vivre son instrument.

Fin du set, époustouflant. Je sors, pause vidange, repasse une tête pour constater que non, Erik Minkinnen n’a pas été sacrifié et qu’il entame son set. Malheureusement, l’heure est tardive, et je me dois rentrer car demain c’est lever 7h pour prendre l’avion.

Myspace: Zach Hill

Myspace: Berthold

Myspace: Erik Minkkinen

Vidéo: Hélicoptère Sanglante

Marsouins Lugubres (orga)

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~ par Pacush Blues sur 7 janvier 2009.

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