cLOUDDEAD: « s/t »

CLOUDDEAD

Qui a dit que le hip hop était un genre trop cloisonné?
De toute façon, à ce niveau là, on ne peut plus vraiment parler de hip hop.
cLOUDDEAD est un style à lui tout seul.

Composé de trois membres reconnus dans le milieu (Dose One, Why? et Odd Nosdam), cLOUDDEAD est une étrangeté, quelque chose de trop rare. Un groupe libéré de toute contrainte stylistique, ayant paradoxalement digéré un nombre phénoménal d’influences. En faire une liste ici serait inutile, tant ce trio est à part. Car sous le nom de cLOUDDEAD se cache un univers, un monde parallèle, une dimension alternative que seuls ces mecs semblent à même de comprendre. A la base, cet album est une compilation des divers 7″ du groupe. On aurait pu craindre un fourre-tout un peu bordélique, sans lien entre les différents morceaux, et c’est le cas. Mais, étonnamment, cela participe au charme du tout, lui donnant un aspect encore plus incertain et bancal. Chaque titre est finalement découpé en mini séquences de quelques minutes, accentuant encore plus l’aspect imprévisible de la cette musique. La sensation de flottement est palpable, comme pourrait le suggérer les nuages de l’artwork. Laisse-toi bercer et profite de la balade… La production, signé Dose One, est atypique, mais idéale. Le disque semble avoir été enregistré au fond d’une cave, les beats semblent lointains et proches à la fois, car lourds, presque poisseux. Par dessus le tout se pose des nappes ambiantes, parfois trafiquées, languissantes, mais qui peuvent annoncer des moments de pure beauté (« I Promise Never to Get Paint On My Glasses Again (Part 2) », « Cloud Dead #5 (Part 1) »). Mais cLOUDDEAD ne se résume pas qu’à ça, et les compos fourmillent d’inventivité, de surprises, pouvant faire apparaitre un morceau sous une tonalité complètement différente, distillant alors une émotion nouvelle, mais toujours avec ce sentiment étrange d’être dans le gaz, de ne pas y voir clair, en toile de fond. Et bien sûr, on ne peut oublier ces deux fabuleux MC’s, Why? et DoseOne, imprégnant l’atmosphère de l’album de leurs empreintes. Lascif, posé, limite branleur, le flow ne s’emballe jamais, maitrisé, d’une fluidité assez impressionnante, pièce maitresse de l’univers cLOUDDEAD; cet univers que seuls ces types semblent comprendre et interpréter (voir les lyrics, à ce sujet), et dans lequel il est délicieux de se plonger, de se perdre et de s’abandonner…

cLOUDDEAD – s/t (2001, Anticon)

  1. Apt. A (1)
  2. Apt. A (2)
  3. And All You Can Do Is Laugh (1)
  4. And All You Can Do Is Laugh (2)
  5. I Promise Never To Get Paint On My Glasses Again (1)
  6. I Promise Never To Get Paint On My Glasses Again (2)
  7. Jimmy Breeze (1)
  8. Jimmy Breeze (2)
  9. Clouddead #5 (1)
  10. Clouddead #5 (2)
  11. Bike (1)
  12. Bike (2)

Myspace: cLOUDDEAD

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~ par Pacush Blues sur 2 décembre 2008.

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