High Places: « High Places »

highplacesS’il y a bien un disque que je ne comptais pas me procurer en 2008, c’est bien celui-ci. Parce que je dois bien avouer que même si, à la première écoute, leur compilation de singles, parue en début d’année (03/07 – 09/07), m’avait parue plutôt sympathique, cette impression n’avait duré qu’une écoute, et par la suite c’était surtout un ennui ferme et persistant qui régnait: mis à part Freaked Flight à la limite, cet album était surtout beaucoup très répétitif et lassant (même sur à peine 30 minutes), tournant toujours autour des mêmes ficelles.

Le morceau Golden étant plutôt prometteur, je me suis décidé à écouter cet album, tout en partant avec mes conclusions tirées hâtivement par le déchainement de critiques élogieuses à leur égard (« c’est beaucoup trop répétitif, c’est une nouvelle hype injustifiée, c’est surestimé, encore un groupe d’indie pop niaise – j’ai une aversion envers l’indie pop niaise, très en vogue récemment -, etc »). Et là, je dois avouer que j’ai été agréablement surpris. Pas que le style ait beaucoup changé: on reste dans le même genre d’electronica pop calme et cool, aux sons exotiques et aux percussions très brèves, la voix de la chanteuse étant une constituante essentielle des morceaux. Seulement, les sons ont pris un peu plus de consistance. Les compositions sont devenues moins répétitives, plus habilement construites. Les mélodies formées par la chanteuse sont plus intéressantes. Et la production distille une atmosphère quelque peu spéciale, étrangement « distante », voire nocturne. C’est particulièrement visible dans Namer, l’un des meilleurs moments du disque, par exemple, où les sons clignotants semblent évoquer des lumières éclairant la nuit.

D’une manière générale, les territoires abordés par le groupe sont surtout un peu plus divers que précédemment, ce qui fait qu’on n’a plus l’impression d’entendre le même morceau pendant 30 minutes: on passe ainsi de sons presque glitch (j’exagère un peu, peut-être) et dansants sur Gold Coin au calme éloigné de Namer; des tons orientalisants de Golden à des séances hypnotiques tournoyantes évoquant Eric Copeland (Papaya Year), mais aussi à des morceaux plus tribaux (You In Forty Years, Vision’s The First). Les structures sont souvent éclatées, les rythmiques concassées, les mélodies suggérées, par petites touches. On pense à Panda Bear, Eric Copeland, et autres rêveurs du moment, mais les High Places ne se contentent pas de recopier ces derniers, possédant vraiment leur touche personnelle.

On flotte doucement, en impesanteur, à l’écoute de ce disque, avant de redescendre doucement avec From Stardust To Sentience. Cet éponyme est loin d’être l’album de l’année, mais il reste un bon compagnon lorsque vous cherchez trente minutes de mélodies planantes et de sons inventifs. Et surtout, contrairement à la compilation de singles, son charme persiste après une écoute – voilà un mois que je me le suis acheté et que je l’écoute régulièrement, et je n’en suis toujours pas lassé.

High Places – High Places (2008, Thrill Jockey)

  1. The Storm
  2. You In Forty Years
  3. The Tree With The Lights In It
  4. Vision’s The First…
  5. Gold Coin
  6. Papaya Year
  7. Namer
  8. Golden
  9. A Field Guide
  10. From Stardust To Sentience

Myspace: High Places
Blogspot: High Places

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~ par SyrFox sur 22 novembre 2008.

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