Oneida: « Preteen Weaponry »

jag125Ces gens-là sont fous! Après deux ans de silence discographique (un record pour ce groupe!), Oneida est de retour et, comme ils ne sont jamais là où on les attend, ils annoncent déjà une série de trois albums, dont le deuxième volume sortira début 2009 (et le troisième dans le courant  de l’année) et contiendra trois CDs. Preteen Weaponry est donc, quand à lui, le premier album de la série et est composé de trois plages sans titres oscillant entre 10 et 15 minutes chacune. Autrement dit, vous tenez quelque chose qui pourrait très bien être prétentieusement conceptuel chez d’autres groupes. Mais ici, c’est bien d’Oneida  qu’on parle, à savoir un groupe qui est parvenu à créer deux morceaux de 15 minutes tournant sur un seul riff chacun tout en restant intéressant (sur le premier CD de l’exceptionnel Each One Teach One de 2002).

Et comme prévu, le résultat est exceptionnel. Les premières minutes de la première piste constituent une longue montée, amenant lentement l’auditeur à l’hypnose, répétant inlassablement des motifs simples. Des textures s’y ajoutent progressivement, le jeu de batterie se complexifie, et l’on ne voit déjà plus le temps passer, tellement c’est bon. Une simple et belle mélodie de guitare se met progressivement en place, tandis que le nombre de couches sonores ne cesse d’augmenter. La transe s’installe.  La batterie se fait de plus en plus tribale, vous martelant ses rythmes encore et encore, décuplant l’effet produit par le morceau. On pense aux Liars de Drum’s Not Dead, pour ce côté « rituel chamanique ».

Soudain, la structure que le groupe a lentement bâtie s’écroule et laisse place à un glas de guitares distordues. Vous vous rendez compte que mine de rien, toute la première plage vient de se terminer et que ce que vous pensiez être trois ou quatre minutes en étaient en fait quatorze. La batterie revient vite à l’assaut avec un rythme pesant, oppressant, bien vite accompagné de vagues éparses de larsens et de distorsions lancinantes. Inconsciemment, vous êtes en train de rentrer dans la meilleure partie de ce voyage auditif. Une ligne de basse s’extrait lentement du foisonnement bruitiste qui embrume la batterie, et à 3:04 très précisément, c’est le décollage, l’explosion que le groupe nous faisait miroiter depuis le début intervient. Un son psychédélique, halluciné, teinté de bleu, vient survoler le reste des textures, comme pour préparer le terrain à l’incantation chamanique qui débutera plus de trois minutes après. Sur un soudain calme environnant viennent se poser des vocaux éthérés, réverbérés, répétés par l’écho. Tout est dit. Le brouillard qui s’était dissippé vient petit à petit réenvelopper les rythmes de la batterie, par successions d’assauts bruitistes.

Du coup, plutôt que de repartir pour une nouvelle incantation, le groupe a la bonne idée, après une transition ambiente, de faire redescendre peu à peu la tension sur la troisième plage, avec treize minutes d’expérimentations rythmiques abstraites continues, approchant la complexité de l’electronica – mais avec une batterie -, entournée par une atmosphère ambiente. Lentement, le rituel s’achève. Des rythmes vous enrobent, tandis que les sons environnants diminuent, tourbillonnants.

Oneida livre ici une œuvre d’une cohérence remarquable, d’une maîtrise impressionante et d’une qualité de composition exceptionnelle. Il s’agit de l’un des meilleurs albums du groupe, et d’un véritable chef-d’œuvre.

Oneida – Preteen Weaponry (2008, Jagjaguwar)

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Myspace: Oneida

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~ par SyrFox sur 12 novembre 2008.

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