Toys’R’Noise @ La Malterie, Lille, 29/10/08 et Neptune @ The Pit’s, Kortrijk (Courtrai), 10/11/08


Toys’R’Noise @ La Malterie, Lille, 29/10/08


Ce soir, Toys’R’Noise, groupe lillois dont le nom veut tout dire, joue en première partie de Neptune. Dont le nom veut tout dire, oui, car la musique du groupe est basé sur le circuit bending de jouets pour enfants, pour un rendu, précisément, noise. Avant de commencer, présentons un peu La Malterie pour les non-lillois et pour les personnes ne connaissant pas la salle: haut lieu du monde artistique lillois, basée dans une ancienne usine, elle se compose de résidences d’artistes aux étages et d’une salle de concert au rez-de-chaussée. Ici, c’est précisément la salle de concert qui nous intéresse. Le plafond est à deux mètres, le groupe joue à même le sol, on baigne en plein univers industriel, et au vu du T-shirt « Amanda Woodward » du barman, ça sent le coin de passionnés à plein nez. Bref, l’endroit idéal pour voir ce genre de groupes. On est accueillis dans la salle par un DJ set des plus réussis, mixant des morceaux post-punk et no-wave pour mon plus grand plaisir – je reconnais nottament du Liquid Liquid. Un petit tour au stand merch me permet d’acquérir le dernier album de Neptune, Gong Lake.

Toys’R’Noise finit par investir la scène, l’un des membres drapé d’une sorte de blouse de chimiste argentée, associée aux lunettes qui vont avec. Sur scène (enfin, au sol, si vous avez suivi), on a droit à tout un attirail de jouets déconstruits (un Teletubbies, un ordinateur Winnie l’Ourson, etc), mais aussi à deux télés qui retransmettent des images filmées en direct par quelques caméras, qui sont distordues au biais du son (jusqu’à frôler l’épilepsie par moments). Le groupe nous plonge directement dans un magma sonore, presque harsh noise, extrêmement distordu (vous pouviez vous en douter), qui délivre son lot d’infrabasses surpuissantes et de fréquences aigues qui vrillent les tympans.  Le contraste entre ces sons abrasifs, les télévisions qui affichent des images tordues, et les jouets enfantins disposés sur scène, a un côté vraiment malsain. Cette impression est renforcée lorsque s’extraient du magma fusionnant du groupe des compositions à proprement parler: très tribales (le batteur est vraiment bon) et lorgnant plus vers le noise rock que le harsh noise, elles se révèlent surtout d’excellente qualité. Certains morceaux donnent un sentiment d’apaisement (un passage très calme en particulier fut tout simplement magnifique), d’autres au contraire accentuent l’oppression opérée par le groupe. On a l’impression d’assister à une cérémonie tribale. Le batteur alterne constamment entre sa batterie et divers objets indéfinissables, le chimiste du fond est en permanence sur des objets électroniques, et se baisse parfois très près de la caméra pour chanter des paroles incompréhensibles, un troisième membre, devant les autres, utilise lui aussi des outils que je ne pourrais pas décrire; enfin, un dernier membre, tout à droite, encapuchonné, tient en permanence sa main levée en l’air, tenant une sorte de microcontrôleur. C’est très impressionant à voir et, lorsque le groupe arrête de jouer après 50 minutes de rituel, on en redemanderait bien le double.

Et maintenant, je vais voir le groupe pour lequel j’étais venu en priorité, Neptune. Enfin plutôt, j’aurais du voir… car pour des raisons que je n’étalerai pas ici, je dois finalement partir après la première partie. Ce n’est que partie remise, puisque le groupe passe, très exactement deux semaines plus tard, à trente minutes de chez moi.

Neptune @ The Pit’s, Kortrijk (Courtrai), 10/11/08

C’est donc reparti, deux semaines plus tard, à Kortrijk, pour Neptune. De l’extérieur, la salle a l’air très petite. A vrai dire, la porte d’entrée elle-même est invisible à première vue – indiquée par un « hippies enter side door » sur le côté. De l’intérieur, la salle a l’air très petite aussi. A vrai dire, on est à mi-chemin entre le bar et la salle de concert – le bar, situé sur le côté de la salle, prend quasiment la moitié de celle-ci. Pendant que le groupe fait ses balances, un DJ set alternant entre hardcore et noisecore s’occupe de l’ambiance musicale, et si je ne suis pas particulièrement amateur de ces genres, le tout me parait bien sympa. J’apprécie particulièrement lorsque le DJ, dans un éclair de noise-rock, passe les trois premiers morceaux du Zoo Psychology d’Ex Models. Pendant ce temps, les membres du groupe font des allers-retours dans la salle, avant d’enfin attaquer à 21h.

De fait, la salle est très petite. Elle est pleine à craquer avec 7 rangs de 4 spectateurs – quand au groupe, tout son matériel décharné (guitares squelettiques, désossées, percussions en lames de scie, etc) ne tient pas sur scène, donc le troisième membre est obligé de jouer par terre. Situé du côté du mur de la salle, je peux sentir l’humidité dûe à la pluie torrentielle qui s’abat sur la ville cette nuit là – ce qui me fait penser, et mon avis sera confirmé plus tard, que l’insonorisation du lieu doit laisser à désirer. En bref, une nouvelle fois, des conditions parfaites pour voir le groupe, offrant une proximité idéale. J’ai de plus la chance d’être à un endroit avec un champ de vision très convenable, me laissant voir à peu près tout ce qui se passe. Je peux notamment voir tout l’attirail de percussions du groupe. J’ai une tendance à aimer les groupes qui ont des percussions partout sur scène. J’ai une forte tendance à aimer les groupes qui ont des percussions partout sur scène. De fait, cette tendance ne sera pas contredite ce soir. Le groupe commence un morceau que je ne reconnais pas mais qui fait parfaitement office d’introduction au concert, et nous balance un son puissant, bruitiste, métallique, profond. Les basses prennent au ventre et font vibrer les jambes. Et puis juste après, le batteur s’accroche son micro-masque à gaz sur la bouche à grand renfort de ruban adhésif, et le groupe de Boston nous offre son tube (oui, j’ose, ce morceau est un tube), Grey Shallows, extrait de Gong Lake, et tient toutes ses promesses. Le morceau est incroyable, malsain, oppressant. Les voix sont parfaitement mixées. Le batteur a une puissance de feu phénoménale: lorsqu’il nous envoie sa première attaque, j’en suis essouflé. Je ne pourrais pas tout décrire tant il se passe de choses, c’est simplement hallucinant. Dès lors, le groupe va axer son set autour de son dernier album, Gong Lake – tant mieux, c’est le seul que je connaisse vraiment bien. L’intensité ne retombe jamais, le groupe garde son emprise sur le public. Yellow River, Purple Sleep, et d’autres y passent – Je pense reconnaître The Penetrating Gaze, extrait de Patterns, mais je n’en suis pas sûr pour le coup. Sur Blue Glass, le guitariste qui chante (pas le grand, l’autre qui a une guitare en forme de faux) se permet de chanter sans micro – et on arrive à l’entendre à peu près pour peu qu’on tende l’oreille. Et ce son de batterie, bon sang, ce son de batterie, qui surpasse toutes mes attentes et me subjugue à chaque fois que le batteur s’énerve un peu. Les compositions du groupe sont sublimées en live. C’est tout simplement parfait. Après une conclusion parfaite de concert avec Red Sea, le groupe s’arrête après à peine 50 minutes de set, et ne nous offrira pas de rappel, dommage, encore une fois je n’aurais pas rechigné à avoir 50 minutes de plus. Un petit tour par la case « disquaire » – parce que cette salle a un petit coin disquaire – me permet d’admirer leur impressionant choix, et me donne envie de tout prendre (j’y trouve nottament l’album de These Are Powers ou le dernier Sleeping People). Finalement, je repars avec le dernier Deerhunter et le « Through The Panama » de Sightings – que je connais déjà pas mal. A retenir: si Neptune passe à côté de chez vous, précipitez-vous.

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~ par SyrFox sur 11 novembre 2008.

Une Réponse to “Toys’R’Noise @ La Malterie, Lille, 29/10/08 et Neptune @ The Pit’s, Kortrijk (Courtrai), 10/11/08”

  1. […] durant toute la soirée. Je constate immédiatement que le groupe a progressé depuis leur excellent concert à La Malterie il y a un mois: cette fois-ci, ils ont une roue de vélo, qui leur servira de percussion, en plus de leurs […]

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