Don Caballero + Simple Appareil @ Point Ephémere, Paris, 04/11/08

Nette amélioration par rapport à la dernière fois, aujourd’hui, je ne ne suis encore une fois pas à l’heure, mais au moins, la première partie n’a pas commencé. Le temps de déguster un sublime cornichons-rillettes-moutarde, en bonne compagnie, que celle-ci commence.

Simple Appareil est un trio composé d’anciens membres d’Heliogabale, groupe dont seul le nom m’est familier, mais on me souffle dans l’oreillette que celui-ci constitue un des monuments de la noise française des années 90, avec des groupes encore trop méconnus tels que Portobello Bones, Condense ou Basement. Je m’attendais donc à prendre une nouvelle baffe noise, mais les types de Simple Appareil sont fourbes. Point de noise sauvage et brutale ce soir, le trio officie plutôt dans un indie-rock certes classieux, mais un poil trop mou du gland pour me mettre en transe. Le groupe devient intéressant lorsque son jeu se fait plus agressif, avec des riffs tendus, frondeurs, mais ce ne sera malheureusement pas le cas tout au long du set. Quelques longueurs, mais ca ne m’aura pas empeché de toper une de leurs démos, distribuées gratos.

La vraie raison de ma venue ce soir, c’est Damon Che. C’est simple, je suis batteur, et à chaque écoute d’un album du quatuor (maintenant trio, après plusieurs changements), le jeu de ce mec me traumatise. Pas étonnant qu’on le surnomme « Octopus ». Mais en plus de son niveau quasiment inatteignable pour le commun des mortels, ce gars se coltine une solide réputation de connard, que j’étais curieux de vérifier comme petit plus.
Et effectivement, j’ai pu constater. J’ai l’impression que ce type à un ego aussi important que son tour de taille, c’est à dire, assez imposant. Grand, gras, en caleçon (ou presque), il viendra faire ses soundchecks après les deux autres membres du groupe, sous le regard amusé de l’assistance. « Un micro par tom, j’ai jamais vu ça » me glisse un mien ami. C’est vrai que cette batterie est impressionnante, encore plus quand Che l’occupe. Les caisses claires (oui, il en a deux) sont au niveau de ses chevilles, et le reste n’atteint pas des sommets…
Après toutes ces passionnantes considérations, je me demandais comment le groupe allait pallier l’absence du bassiste Jeff Ellsworth, ayant claqué la porte. Fastoche, on n’a qu’à accorder une de nos guitares comme une basse et le tour est joué, a du se dire l’un des guitaristes. Banco, une des guitares fera donc office de basse, ce soir. Le groupe entre sur scène, et entame son set en déroulant les cinq premiers titres du bien nommé « Punkgasm ». Et ça joue bien, c’est vraiment plaisant à voir. Le trio se donne à fond, et les morceaux prennent vie, puissants, mathématiques sans être chiants, permettant un headbanging intense de votre serviteur. Puis résonne le beat de « Don Caballero 3 » extrait du fameux « What Burns Never Returns ». Je n’accroche pas à cet album, je lui reconnais toutes ses qualités, mais je n’arrive pas à rentrer dedans, trop mathématique, trop dissonant… Il en sera autrement ce soir. Percutant, doté d’un groove du feu de dieu, je me laisse prendre au jeu, et tout devient plus facile. Le morceau est doté d’une tension incroyable, qui ne pète jamais, mutant, toujours à vous prendre à contre pied. Vraiment prenant. Et Damon, mon copain Damon, j’allais l’oublier… traumatisant derrière sa batterie. Virevoltant et lourd à la fois, mélant la puissance du rock et la fluidité du jazz, ce mec est un bonheur à regarder, peu importe qu’il transpire comme un phoque, ou qu’il perde ses baguettes toutes les deux mesures, c’est définitivement un génie pour moi.
Comme Don Caballero est un groupe de rockstars, le trio enchaînera deux rappels à la suite, puis Che viendra saluer l’assistance, ruisselant de sueur, offrant son bide grassouillet à l’assistance, comme si celle-ci n’était venu que pour lui ce soir…

…Pour ma part, c’était quand même un peu vrai.

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~ par Pacush Blues sur 7 novembre 2008.

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