Raccoo-oo-oon, « Behold Secret Kingdom »

beholdC’est l’ultime album des incroyables Raccoo-oo-oon, le dernier avant la séparation du groupe d’Iowa City.
Après Is Night People et sa non-pop nébuleuse, the Cave of Spirits Forever et son free folk teinté de jazz et de toutes
les expérimentations possibles, voici Behold Secret kingdom, album psychédélique, lourd et métallique.
Black Branches, premier titre, annonce la couleur : guitares saturées et sombres qui roulent et s’étirent, batterie qui martèle, et une voix gavée d’écho qui s’étouffe au fond.
On pense à Comets On Fire bien sûr, mais à peine le boucan s’est il envolé dans un grand frisson de synthé que le groupe embraye sur tout autre chose. Mirror Blanket : batterie complexe, presque tribale, ultra énergique, dérapages non contrôlés de synthé pas propre, et toujours cette voix suave et floue, qui guide la musique vers des rivages plus abordables. Raccoo-oo-oon s’est serré la ceinture, la musique est compacte, directe, au contraire des précédents albums qui partaient dans tous les sens, quitte à perdre l’auditeur dans de délicieuses digressions. Ici le groupe dégraisse et se concentre pour frapper directement à la tête, sans détour. Même un morceau à priori plus déconstruit comme Visage of the Fox tient de l’efficacité pure : tout est là, on est impressionné par la maîtrise du groupe, capable de dresser des architectures complexes de bruit sans jamais recourir à l’overdub. Ce troisième morceau est quand même l’occasion de se rappeler de Is Night People : on retrouve les voix gavées au delay qui planent et s’entremêlent, les bruitages drôles ou flippants, et toujours ce souci du plaisir de l’auditeur. D’ailleurs, le morceau qui suit est sans doute l’un des plus « rock » de Raccoo-oo-oon. Écoutez plutôt : des roulements de guitares, une batterie free ultra jouissive, un sax furibart, et ce riff incroyable qui débarque alors que la musique menace de s’enfoncer sous terre. La seconde partie est ambiant, avec des nappes de synthé granuleuses, un bordel monstrueux qui vient s’échouer sur la plage de Diamond In the Dunes, morceau presque classique, tissage de guitares croustillantes avec des bruits pas nets en contrepoint. C’est la pause pique-nique, avant le massacre général d’Invisible Sun, folie furieuse et violence libérée : saxophone épique, incantations filtrées par les effets, batterie ahurissante, guitares d’apocalypse. C’est la violence absolue, le bordel même pas chiant, j’adore. Et ça continue sur les deux derniers morceaux, instants de bravoure absolus d’un album qui n’en fini pas de hanter ma platine. Avec Behold Secret Kingdom, Raccoo-oo-oon gagne en efficacité et en jouissance, et c’est la conclusion idéale pour une oeuvre que les nouveaux projets qui germent sur la cadavre du groupe (voir Wet Hair, Driphouse et Youth of the Beast) ne manqueront pas de poursuivre.

Raccoo-oo-oon – Behold Secret Kindgom (2007, Release the Bats/Not Not Fun/Night People)

  1. Black Branches
  2. Mirror Blanket
  3. Visage of the Fox
  4. Antler Mask
  5. Diamond in the Dunes
  6. Invisible Sun
  7. Fangs and Arrows
  8. Tail at Prospect Peak

Raccoo-oo-oon

MP3 :
Black Branches
Mirror Blanket

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~ par golden teeth sur 5 novembre 2008.

Une Réponse to “Raccoo-oo-oon, « Behold Secret Kingdom »”

  1. Tiens, c’est pas fréquent de tomber sur Raccoo-oo-oon et autres Pocahaunted, Yussuf Jerusalem… Si tu aimes ça et l’ambiant à la Stars Of The Lid, je ne peux que te conseiller Grouper et Belong.
    http://www.last.fm/music/Belong
    http://www.last.fm/music/Grouper

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