Nadja: « Touched »

C’est parti pour les présentations. Nadja est un duo mixte: Aidan Baker, poète multi instrumentiste, à la guitare, et sa petite copine Leah Buckareff à la basse. Pas de batterie, pas important, juste une boîte à rythmes qui assure, simpliste et métronomique. De toute façon, l’intérêt de ce groupe ne réside pas là. Non, Nadja, c’est surtout des nappes de guitares plombantes, qui filent la chair de poule.
Suivant les traces du petit Jesu, ce groupe est un mélange parfaitement équilibré entre la lourdeur doom de Godflesh, et une certaine forme d’évanescence particulièrement chère aux groupes shoegaze des années 90, Slowdive et My Bloody Valentine en tête. Bien sûr, Nadja ne se résume pas à un mélange pourri entre ces deux types d’influences opposés, mais fonctionne plutôt comme un tout, une entité à part entière.
Cet album se vit. « Touched » ne vous touche pas, il vous pénètre littéralement de part en part, procure cette délicieuse sensation de voler, de flotter dans les airs, et paradoxalement de rester compressé au sol, courbé par la monstrueuse épaisseur des guitares, véritablement impressionnante de puissance. On s’abandonne, en écoutant cette musique, totalement hypnotisé, on regarde vaguement dans le vide, complètement absorbé. A écouter absolument au casque, et si possible à fond. Et parmi les cinq mastodontes (entre dix et vingt minutes pour chaque morceau) que constituent « Touched », un m’aura marqué au plus profond de moi-même. 2ème position, « Stays Demons ». Une mélodie magnifique, mélancolique en diable, véhiculée par cette masse de guitare oppressante, et je ne peux m’empêcher de m’imaginer, chaque fois, un animal géant volant au-dessus d’un océan déchaîné, battant gracieusement ces immenses et massives ailes. Ok, ça a l’air totalement bidon comme exemple, mais je vous jure que ça me fout des frissons à chaque fois.
Et si, par malheur, « Touched » ne vous effleurait même pas, vous pourrez aisément retenter votre chance avec l’un des nombreux autres enregistrements du duo, sortant des disques à la pelle, à une cadence encore plus soutenue que celle de Mark E. Smith et sa bande (incroyable !). Quoiqu’il en soit, Nadja reste une expérience à vivre, quelque chose d’étrange, de passionnant, d’envoûtant. Quelque chose qui se vit, se ressent, plutôt que ne s’écoute.

Nadja – Touched (2007, Alien 8 Recordings)

  1. Mutagen
  2. Stays Demons
  3. Incubation/Metamorphosis
  4. Flowers Of Flesh
  5. Untitled

Myspace: Nadja

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~ par Pacush Blues sur 12 octobre 2008.

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