Oxbow: « The Narcotic Story »

Oxbow est un groupe différent. A part. En marge. Ces types n’envisagent pas la musique de la même façon que les autres. C’est clair. Et je ne dis pas ceci parcqu’Eugène Robinson, leader colossal du quatuor américain, exhibe ses parties génitales lors de leur shows, comme peuvent le prétendre certains abrutis. Oxbow est un groupe intègre, qui joue pour lui même, pas pour une quelconque quête de reconnaissance, ou de rentabilité. On est très loin du music business. Car ici, pour Robinson, la musique est un exutoire. Toute la peur, la colère, la tristesse du grand bonhomme y est exprimée. C’est clair qu’avec un morceau d’ouverture de la trempe de « Geometry Of Business » (après une courte intro), je suis quasiment certain, sans avoir piger un seul mot des lyrics, que celui ci ne nous parle pas de la vie des Bisounours, mais de quelque chose d’un petit peu plus important quand même. Robinson marmonne, crie, pleure, chuchotte, parle. Il est là, près de vous, glissant ses insanités juste au creux de votre oreille pour mieux vous faire comprendre sa détresse, pour soulager sa propre conscience. Mais heureusement, Oxbow ne se résume pas qu’à un chanteur ultra bodybuildé (pas le genre de type que j’irai provoquer, le bougre a sorti un livre sur son expérience dans le milieu de free fighting), le trio instrumental assure comme une bête, avec comme figure de proue Niko Wenner, guitariste de la formation. Véritablement inspiré, autant dans les parties comportant bois, orgues que dans les parties purement éléctriques, celui-ci crée une atmosphère très marquée au disque, et donne une identité tellement forte au groupe qu’il en devient difficile d’y retrouver des influences, même si on peut citer Jesus Lizard, Nick Cave ou bien encore Enablers, entre autres. Et ne pas oublier de citer batteur et bassiste (qui joue sur une fretless) qui apporte leur pierre à l’édifice imposant que constitue ce cinquième album d’Oxbow.

Ce genre d’album n’est pas celui que l’on écoute pépère, dans un transat’, un cocktail à la main. Non, cet album se vit, s’écoute attentivement pour pouvoir en retirer toute l’intensité folle qui en ressort. La musique n’est pas un divertissement pour eux, mais un vrai besoin, vital. Il faut donc simplement le prendre comme tel lorsque l’on écoute « The Narcotic Story ».

Oxbow – The Narcotic Story (Hydrahead Records, 2007)

  1. Mr. Johnson
  2. Geometry of Business
  3. Time, Gentlemen, Time
  4. Down a Stair Backward
  5. She’s a Find
  6. Frankly Frank
  7. A Winner Every Time
  8. Frank’s Frolic
  9. It’s The Giving, Not The Taking

Myspace: Oxbow

Site: Oxbow

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~ par Pacush Blues sur 24 août 2008.

Une Réponse to “Oxbow: « The Narcotic Story »”

  1. Ahh, enfin une chronique de ce gigantesque groupe. Pour ce qui est du chant presque cathartique d’Eugene, j’ai quand même l’impression qu’il s’est calmé avec cet album: la dernière chanson donne même l’impression qu’il aurait retrouvé la paix avec lui-même. En tous cas, The Narcotic Story est magistral comme tous les 3 précédents albums du groupe. Plus accesible aussi, pour preuve: j’en ai vu pogoter sur « the geometry of business » et « down a stair backward » à la maroquinerie, c’est dire. Bon allez, je m’arrête là sinon mon commentaire sera bientôt plus long que la kro. Bonne continuation pour le blog les gars!

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