Animal Collective + Atlas Sound @ Thêatre de l’Alhambra (Paris, 10ème), 24/05/08

« Qu’est-ce qu’on se fait chier ». Le type devant moi n’a pas tort. Cette première partie, Atlas Sound, side project d’un mec de Deerhunter, n’est tout simplement pas adaptée au live. Accroupi sur la scène (je n’ai vu que sa touffe de cheveux lors de son set), je n’arrive pas à voir ce qu’il bidouille, mais parfois, il joue de la guitare. Passé deux minutes son électro-ambient éthéré devient vite fort ennuyeux, manquant cruellement d’intensité et de rythme. Une bonne B.O à la limite, mais ça ne passe pas en concert.

Une bonne demi-heure d’attente, et voici le collectif animal qui fait son entrée sur scène. Deux membres aux extrémités, Geologist à gauche, et Panda Bear à droite, aux machines, Panda s’affairant de temps en temps derrière une batterie constituée d‘une caisse claire, d‘un tom basse, d‘une cymbale et d‘un charley; et Avey Tare au centre, valsant entre guitare, percussions et bidouillages divers, sans oublier le chant, souvent secondé par son acolyte de droite. Ainsi, si Animal Collective démarre son set en douceur, sur un titre lancinant et minimaliste, celui-ci ne cessera de gagner en intensité au fil des titres. La batterie, si elle n’est utilisée qu’à partir du milieu de la prestation du trio, insufflera une dynamique quasi-tribale, idéalement énergique, qui colle parfaitement à leur univers. L’énergie, ce n’est d’ailleurs pas ce qui leur manquera: totalement pris par leur musique, il faut voir Avey Tare se trémousser sur « Peacebone », excellent single joué ce soir là, pour comprendre que ces types se donnent à fond dans leur musique. Et c’est véritablement là, en live, en chair et en os, qu’Animal Collective prend toute son ampleur. Que ce soit lors de leur chansons les plus psychédéliques où les plus rythmées, la musique du trio est toujours propice au rêve. Ce genre de rêve enfantin, qui reflète parfaitement la vision qu’on peut avoir de la musique du groupe: des gens qui se seraient mis en tête de pervertir, de détourner la pop façon Beach Boys, en y insufflant une intensité phénoménale, une énergie tribale, quelque chose d’imprévisible mais aussi toute la nostalgie et la mélancolie que cela peut laisser supposer, et en déglinguant cette pop de toute part, pour en faire un mutant passionnant. Il suffit de fermer les yeux pour se laisser transporter par la multitude de sons, vous enveloppant, s’enchevêtrant; porteur de couleurs, à l’image des néons disposés à l’arrière de la scène, projetant toutes les couleurs primaires, à tour de rôles.

Je ne peux préciser la setlist avec exactitude, ne connaissant pas tout du trio, mais dans mon souvenir. « Grass », « Loch Raven », « Fireworks », et « Peacebone » ont été joués, ainsi que « Brother Sport » – c’est en tout cas ce que n’arrêtait pas de beugler un type à côté de moi, ce que je trouvait amusant, mais n’étant visiblement pas du goût du public, bidon ce soir là, trop blasé – et Animal Collective aura donc offert une prestation très convaincante ce soir en dépit d’une première partie un peu mollassonne.

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~ par Pacush Blues sur 28 mai 2008.

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