Oneida: « Secret Wars »

Secret Wars

Dès les premières secondes de ce Secret Wars du trio new-yorkais Oneida, le ton est donné: le groupe vous envoie une structure hautement hypnotique, la batterie martèle pendant que la guitare et le synthé s’occupent de charger le son de riffs acides. Et pourtant, ce n’est encore qu’une faible annonce de ce qui va suivre: parlez d’art rock ou de post-punk si vous voulez, quoiqu’il en soit ce Secret Wars est en réalité un concentré de huit titres qui, pour la plupart, sont des véritables assauts furieux pour lesquels les mots en « ique » s’enchainent: supersoniques, hypnotiques, frénétiques, épileptiques. Sur l’excellent Caesar’s Column, le groupe alterne passages instrumentaux où la batterie se fait tribale et puissante alors que les autres instruments nous mettent à terre, et passages chantés tout en crescendo, avec une basse glissante et terriblement groovy. Le groupe se permet aussi de calmer le jeu à deux reprises, avec un Wild Horses très rock’n’roll, voire blues, et cet étrange The Last Act, Every Time acoustique et aux motifs ouvertement psychédéliques; mais ce n’est que pour mieux repartir ensuite. Wild Horses est ainsi suivi du terrassant $50 Tea: vous pensiez que dans le genre frénésie le groupe n’irait pas plus loin que Capt. Bo Dignifies The Allegations With A Response, deux titres plus tôt? L’erreur est flagrante dès les premières secondes du morceau où le clavier ultra speed démarre ce riff, agrémenté par la suite de nombreux motifs acides de guitare, pour finir dans un magma sonore (contredisant le « Don’t take away the precious record of the chaos we are in » que l’on entendait sur Caesar’s Columns) et finalement dans une dernière minute constituée d’un seul riff répété en boucle, sans laisser le temps de souffler. De même, The Last Act… précède le cinglant et magnifique The Winter Shaker, plus lent mais tout aussi épileptique, constitué d’un bout à l’autre d’une guitare sifflante, lancinante et d’une batterie à nouveau tribale, alors que le chant qui arrive tardivement prend presque la forme d’une complainte. C’est sûrement la plus belle réussite de l’album (avec le cisaillant $50 Tea), car ce morceau démontre la capacité d’Oneida à maintenir son potentiel hypnotique tout en variant les atmosphères et caractères des morceaux: tout en étant beaucoup plus lent et mélancolique que sur les autres morceaux, le groupe y reste captivant, et même le titanesque instrumental final, Changes In The City, soit 14 minutes d’hypnose pure et dure, ne peut pas atteindre ce sommet.

Secret Wars est donc bien un excellent album, tout de même assez varié même si l’ambiance est souvent placée sous le signe d’un accès de frénésie, puisqu’on y trouve aussi bien des morceaux uptempos que des rythmes plus lents, des passages psychédéliques et d’autres plus hypnotiques. Les morceaux sont aussi servis par une production de qualité (notons d’ailleurs que l’hyperactive Samara Lubelski assiste la production sur les cinq premiers titres), même si on ne retrouve quand même pas la même énergie sur la version album de Caesar’s Column que sur les lives incroyables du morceau (voir l’extrait de PUNKCAST dans les liens ci-dessous).

Soyons clairs: si vous cherchez un disque pour installer une ambiance lounge dans vos soirée, évitez Secret Wars qui risquerait de faire fuir vos invités (et les voisins avec). De même, si vous n’aviez pas apprécié le morceau Each One Teach One, sachez qu’Oneida joue ici une musique dans le même genre mais poussée globalement sur tout l’album. En revanche, si vous cherchez un punk (ou post-punk, ne jouons pas sur les mots) épileptique et terrassant, vous laissant haletant et ayant pour seules respirations les blancs entre les morceaux, alors jetez vous dessus car vous y trouverez probablement votre bonheur – d’autant que la pochette est réellement splendide.

Oneida – Secret Wars (2003, Jagjaguwar)

  1. Treasure Plane
  2. Caesar’s Column
  3. Capt. Bo Dignifies The Allegations With A Response
  4. Wild Horses
  5. $50 Tea
  6. The Last Act, Every Time
  7. The Winter Shaker
  8. Changes In The City

Myspace: Oneida

Live: Oneida – Caesar’s Column

Oneida

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~ par SyrFox sur 6 mai 2008.

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