Enablers + Ventura + Grand Final @ La Mécanique Ondulatoire (Paris, 19ème), 28/03/08

Ce soir, c’est concert généreusement organisé par l’association GTOK?GTKO!, à La Mécanique Ondulatoire, bar qui accueille les trois groupes qui joueront dans cette soirée. Trois groupes qui sont de diverses nationalités: les français de Grand Final, les suisses de Ventura et les américains d’Enablers. J’arrive un peu à la bourre, heureusement le concert n’a pas commencé. Le temps de préparer ma petite monnaie pour payer le prix plus que modeste de cette soirée, et je rentre dans le sous-sol qui abritera le concert. Une sorte de large tunnel qui peut accueillir environ 150 personnes, avec bar vers le fond. La scène, à peine surélevée, peut difficilement contenir plus de cinq membres.

Ça tombe bien, le premier groupe qui va commencer n’en comporte que deux. Ce duo, c’est Grand Final, deux ex-Dickybirds, avec madame à la guitare et monsieur à la batterie. Et ce doublé gagnant envoie le bois dès le premier morceau. Pas de temps mort, les morceaux sont enchaînés un à un, bruts, rêches, directs et franc. Grand Final joue tout simplement du rock, et le fait fort bien, sans fioritures. La guitariste envoie des bons gros riffs, sachant aussi par moments retenir la tension, en chantant d’une voix chaude et déterminée, tandis que le batteur à l’air de prendre son pied. Au registre des petites critiques de rien du tout, la batteur qui jouait un peu trop avec ses toms, n’utilisant pas ses cymbales au moment les plus propices. Un petit bémol qui n’a aucunement entravé la très bonne teneur de ce set.

Place maintenant à Ventura, trio d’indie rock avec une petite dose d’emo. Après deux titres d’ouverture un peu mous, le set se lance vraiment avec « Everything ». « Everything », avec son riff de tueur, sa rythmique particulière et extrêmement efficace, fourmillant de bonnes idées, joué avec une grosse dose d‘intensité, les membres du groupes vivant à fond ce morceau. La tension, Ventura en sera habité tout au long de leur set, avec ce superbe morceau, « I Keep Starting » extrêmement représentatif du trio dans le sens ou il met bien en avant cette sorte de mélancolie orageuse, chère à des groupes comme Nirvana ou Jawbox. Et avec ce timbre de voix si particulier, à fleur de peau, le chanteur multiplie l’émotion transmise par leur musique. Malheureusement, leur set sera légèrement écourté à cause de la charleston que le batteur aura pété. Un bon set, même si manquant un chouïa d’énergie, aura été cependant donné par les trois de Ventura.

Dernier concert de la soirée, le quatuor d’Enablers se met en place en apportant moult bières sur la scène, avec shooters en sus. « Santé ! » balancera Pete Simonelli, le chanteur avant d’entamer le set, en buvant d‘une traite son shooter. Le premier morceau démarre, et Enablers envoie direct une intense déflagration sonore dans les oreilles des 130 personnes venues ce soir. Car oui, la salle commence sérieusement à se remplir, et je suis complètement acculé à la scène, me retrouvant carrément à moins de deux mètres de Simonelli. Et c’est là que j’ai pu voir qu’il y avait tout un monde entre Enablers sur disque, et Enablers sur scène. Sur disque, la voix de Simonelli est chaude, douce. On le pense posé, déclamant ces textes tranquillement, et s’emportant légèrement quand les guitares commencent à s’énerver. Tout autre chose en live: Simonelli gesticule dans tout les sens en déclamant ses textes, les criant par moment. Il mime chacune de ces paroles, comme un sorcier balançant des formules magiques, possédé par sa propre musique, s’adressant par moment à des membres du public, me faisant penser à Eugène Robinson d‘Oxbow dans la façon vivre sa musique. Mais bien sur, les trois autres membres d’Enablers ne sont pas en reste. Le batteur tout d’abord, Joe Burns, un des batteurs les plus impressionnants que j’ai jamais vu. Son jeu, presque tentaculaire à la façon de Damon Che de Don Caballero, s’adapte parfaitement à ceux des deux guitaristes. Ressemblant à un bossu, totalement à l‘ouest, assis sur sa chaise, il sait caresser ses cymbales et autres toms dans les moments les plus calmes, comme les frapper de toutes forces dans les moments les plus intense, toujours avec cette souplesse incroyable. Puis les deux guitaristes, disposés des côtés droits et gauche de la scène, avec leur jeux si complémentaires faits d’arpèges délicats mais pouvant par moments assener des tornades soniques, sont eux aussi totalement pris par leur musique. De manière générale, le post-rock noisy d’Enablers se fait beaucoup plus incisif, plus tourmenté et plus puissant sur scène, alternants donc entre riffs assourdissants et parties beaucoup plus calmes, où les mélodies que tissent les deux guitaristes se complètent à merveilles. Entre June Of 44 et Slint, le quatuor ne relâchera pratiquement jamais la tension, allant jusqu’à jouer trois rappels, pour finir le concert complètement lessivés, mais heureux, tout comme le public venu ici ce soir…

Myspace d’Enablers

Myspace de Ventura

Myspace de Grand Final

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~ par Pacush Blues sur 1 avril 2008.

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