Excepter: « Alternation »

Excepter

A quelques jours à peine de la sortie de leur nouvel album Debt Dept. sur Paw Tracks, revenons sur le précédent album du groupe new-yorkais Excepter, Alternation, publié en 2006.

Les premières secondes d’Alternation nous feraient presque croire que l’on est en présence d’un disque d’electronica classique: une mélodie de synthé lente, puis quelques percussions… Et soudain le rythme s’accélère, des sons venus de nulle part viennent se faire leur place: bienvenue dans le monde d’Excepter. Un monde bâti sur des bases presque dance, mais autour desquelles viennent graviter des éléments imprévus, comme des voix sorties de nulle part, marmonant des paroles indiscernables ou répétitives ou chantonnant des mélodies plus ou moins en accord avec la musique (et entre elles car il n’est pas rare que plusieurs pistes de chant soient superposées), et prêt à s’effondrer à la moindre occasion avec des ruptures dans tous les sens, avant de repartir de plus belle avec une nouvelle structure. Vu comme ça, ça semble rappeler tout un tas de groupes, Gang Gang Dance par exemple, sauf qu’Excepter a la particularité de se baser uniquement sur des éléments électroniques. Pendant un peu plus d’une heure donc, le quatuor (désormais sextet) nous propose des additions de couches qui pourraient souvent constituer des morceaux à elles seules mais qui sont ici imbriquées les unes sur les autres.
Bien sûr, vu comme ça, ça a l’air très chaotique et conceptuel (ce côté arty risque d’ailleurs d’en déranger plus d’un…), mais Excepter n’oublie pas non plus l’auditeur, et sa musique reste donc loin d’être inaudible. D’autant que ce chaos est ici beaucoup moins prononcé par le passé, le groupe se permettant même quelques morceaux moins déconstruits, comme le génial Rock Stepper, construit autour d’une partie basse/boite à rythme géniale sur laquelle viennent se poser des nappes de synthés ambients et un chant que l’on peut réellement distinguer – bien sûr, le tout est parasité par une sonorité 8-bit qui semble tout droit sortie d’une Game Boy qui tourne en boucle et en crescendo/decrescendo tout le long du morceau, mais on est bien loin du chaos de Lypse ou de la déstructuration de l’interlude (The Pipes) par exemple, d’autant que la structure de ce titre est presque pop.
Les morceaux ne tournent pas non plus en roue libre: même si les différents musiciens semblent souvent ne pas s’écouter les uns les autres, la construction des morceaux ne se résume pas au bruit de synthétiseurs improvisés, et une évolution est perceptible dans les morceaux , nottament dans le très épique If I Were You: débutant par du spoken word placé sur des claviers ambients, il évolue progressivement vers une structure de plus en plus construite, avec l’arrivée graduelle de rythmes et mélodies qui sont ensuite modifiés, triturés, changeant ainsi l’atmosphère du morceau au fil de ses sept minutes, s’achevant finalement sur une partie très mélodique, aux notes tenues. A l’inverse, Knock Knock débute sur des sonorités très angoissantes, avant de devenir de plus en plus minimaliste, construit presque exclusivement sur un rythme basique, une partie vocale et des synthés répétitifs, pour finalement se terminer sur deux minutes presque exclusivement rythmiques. Ice Cream Van, qui ouvre l’album, débute sur une mélodie qui est subitement remplacée par une rythmique dance, sur laquelle viennent peu à peu se placer diverses parties synthés et couches de chant.
Evidemment, si cet empilage de différents éléments peut fournir de vraies merveilles, le disque n’est pas passionant tout du long, loin de là. Op Pop ou Apt. Living, par exemple, auraient gagnées à être raccourcies, car elles paraissent un peu longues et parfois vraiment lassantes. Une certaine uniformité peut également se révéler gênante, malgré la variété des sons utilisés. Cependant, cet album recèle suffisament de perles, comme le vraiment excellent Rock Stepper, Knock Knock, If I Were You, Ice Cream Van ou encore Back Me Up (Show), pour mériter plus qu’une écoute distraite (qui ne sera de toute façon pas suffisante pour comprendre cette musique) et pour être vraiment un très bon disque, réellement intéressant la plupart du temps (et pas seulement d’un aspect conceptuel, puisque la plupart des structures restent au minimum intriguantes, mais bien souvent imparables).

Excepter – Alternation (2006, 5 Rue Christine)

  1. Ice Cream Van
  2. Lypse
  3. Rock Stepper
  4. The Ladder
  5. If I Were You
  6. Whirl Wind
  7. (The Pipes)
  8. Knock Knock
  9. Apt. Living
  10. Op Pop
  11. Back Me Up (Show)

Vidéo: Rock Stepper
Vidéo: If I Were You (Live)
Vidéo: Lypse (N6 Mix)

Myspace: Excepter

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~ par SyrFox sur 22 mars 2008.

Une Réponse to “Excepter: « Alternation »”

  1. […] et contrairement aux sorties ultérieures de ce groupe electro arty (notamment le fort sympathique Alternation et le très bon Debt Dept de l’an dernier), on ne tient pas réellement de morceaux, mais […]

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