Harvey Milk: « Courtesy And Good Will Toward Men »

Courtesy And Good Will Toward Men

Génial. Pas d’autres alternatives. Pas d’autres choix. Non. D’ailleurs, le trio d’Athens ne nous le laisse pas, le choix. Car pour accepter le génie de ces trois gus, il faut pouvoir supporter leurs morceaux souvent longs, crasseux et malsains…

Ici rien n’est fait pour séduire. Aucun compromis. Si tu veux apprécier cet album, il faudra s’attendre à tout. Car Harvey Milk ne joue pas du sludge, du doom ou du rock… Mais joue tout ça à la fois, avec la touche Harvey Milk en sus. Un exemple? « Sunshine (No Sun) Into The Sun », qui te laisse trente secondes de répit le temps d’une petite comptine folk, pour ensuite te punir de cet égarement par un pilonnage d’une lourdeur incroyable; lent, malsain, étouffant. Je vous l’avais dis. Encore un exemple? « My Broken Heart Will Never Mend », gros pavé doom-rock, comme en lançait les Melvins du temps de « Lysol », de dix minutes, avançant tel un char d’assaut que rien ne peut arrêter, à coups de riff monstrueusement lourd. Et au milieu de ça; un court instant semblant à un rêve, des larsens apaisants sortis d’on ne sait ou. Le temps de décoller vers les étoiles que le bombardement reprend, et ne te lâchera plus.

C’est ce contraste saisissant qui surprend avec Harvey Milk, cette alternance continue, presque malsaine, entre moments de dépouillements mélancoliques rares, et intense martelage de riff complètement libéré, la voix de Creston Spiers surplombant le tout. Cette voix, organe rocailleux comme j’en ai rarement entendu, sorti du fond des tripes, dans les moments les plus puissants, sait aussi s’apaiser dans les moments calmes, même si c’est pour partir en vrille, comme sur le superbe final de la chanson folk « One Of Us Cannot Be Wrong ». Mais, au delà de ce contraste, ce qui fascine dans cet album, c’est l’incroyable multiplicité des émotions: colère, perversion, mélancolie, désespoir, rêverie, joie, espoir… Toutes ces émotions sont transmises à leur guise, toujours sans compromis bien entendu, le groupe gardant une ligne directrice bien définie. Car c’est bien ça la force du trio d’Athens: faire ce qu’ils veulent, tout en restant eux-mêmes, tout en restant reconnaissable entre mille.

Mais attention, il ne faut pas croire que cet album va te sauter à la gorge, tel le bulldog de mémé, dès la première écoute. Il faudra prendre du temps, apprivoiser la bête, pour mieux la comprendre, pour la penser d’une autre façon. Et là seulement, tu pourras l’apprécier à sa juste valeur; c’est-à-dire, comme un album absolument génial.

Tracklist:

  1. Pinnochio’s Exemple
  2. Brown Water
  3. Plastic Eggs
  4. My Broken Heart Will Never Mend
  5. I Feel Miserable
  6. Lord’s Prayer
  7. Sunshnie (No Sun) Into The Sun
  8. Go Back To France
  9. Good Thing Gone
  10. One Of Us Cannot Be Wrong
  11. The Boy With Bosoms

Myspace d’Harvey Milk

Myspace de fan d’Harvey Milk

Harvey Milk

Publicités

~ par Pacush Blues sur 20 mars 2008.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :