Hot Chip + The Letter G @ Le Grand Mix (Tourcoing), 15/03/08

Il est 20h lorsque j’arrive devant le Grand Mix et la première chose que l’on remarque, c’est qu’il y a au moins autant de monde qui attend devant la salle qu’il y avait de monde dans la salle durant le concert de Dragons of Zynth et K-Branding il y a deux semaines. C’est normal, car ce soir c’est Hot Chip en tête d’affiche, et ça attire tout de même un public beaucoup plus vaste (la salle sera ensuite presque pleine). La file d’attente avance rapidement et on rentre vite dans la salle, où une sorte de DJ set (ou plutôt d’une sélection musicale remixée en direct) a lieu: j’ai surtout reconnu l’excellent Disco Blood de SHITDISCO, qui était ici mixé dans une version bien techno avec des basses énormes. La sélection est moins intéressante par la suite, et le tout commence à lasser d’autant que le « DJ » a tendance à un peu toujours utiliser les mêmes effets (des montées acides style « réacteur d’avion »). On s’impatiente un peu, quand enfin, vers 20h40, l’unique membre de The Letter G, qui assure la première partie d’Hot Chip sur toute la tournée, entre enfin sur scène en courant.

« No Time For Introduction », comme le chantent Excepter dans leur Rock Stepper: le type se place derrière son équipement (soit un laptop, un synthé affublé du logo The Letter G, et une sorte de boite à rythme) et envoie d’emblée des gros beats technos à base de snare et de kick, bien vite les samples acid house apparaissent partout. Après un break rapide, des basses monstrueuses font leur apparition et une ambiance de club s’installe dans la salle. Globalement, les 20 courtes minutes de ce set tourneront autour de cette recette, des basses réellement surpuissantes, des effets et montées acid house, un tempo rapide. Les morceaux sont souvent enchaînés, ainsi des samples font leur apparition de façon imprévue pour lancer des nouveaux morceaux. On reconnaitra tout au long du set des fragments de morceaux écoutés sur le Myspace de The Letter G (nottament le sample aux réminiscences indiennes de Anjar, les beats en écho de Drink In Dance In, balancé d’entrée de jeu ou la boucle hypnotique de It’s Gone), mais le tout est ici mixé live. Ce n’est pas très original, pas très fin non plus voire carrément bourrin par moments, mais c’est quand même vraiment efficace et on se prend à se bouger en rythme au son de cette techno / house, en particulier lorsque tous les beats reprennent après les breaks massifs – l’énergie déployée par le musicien sur scène n’y est sans doute pas pour rien, car ce dernier se secoue dans tous les sens pendant tout le concert. 20 minutes après le début du concert donc, tout s’accélère en prenant un rythme de plus en plus saccadé, tout se termine et on est un peu déçu, personnellement quelques minutes supplémentaires n’auraient pas été pour me déplaire.

Le DJ-set reprend alors la main pendant que des balances commencent à se faire sur scène. La sélection est cette fois-ci vraiment orientée dance-punk/electropop, on reconnaitra par exemple le It’s The Beat de Simian Mobile Disco, le Circle. Square. Triangle de Test-Icicles ou encore ce qui semble être un semblant de The Go! Team. Cependant encore une fois, les mêmes effets sont utilisés en permanence et les basses sont vraiment trop accentuées: certes, la dynamique des morceaux en ressort explosive, mais tout leur intérêt est alors annihilé. Bref encore une fois on se lasse vite, et on attend impatiemment la tête d’affiche – d’autant qu’un gigantesque drapeau représentant la pochette du nouvel album Made In The Dark est placé au fond de la scène.

Il est 21h30 quand le DJ-set prend enfin fin. Un énorme son distordu et abrasif provient alors de la scène, alors que le drapeau change progressivement de couleur. Les 5 membres d’Hot Chip arrivent alors et s’installent, derrière des synthés pour trois d’entre eux, devant des percussions pour le chanteur et pour celui qui sera guitariste par la suite (l’un des deux seuls membres du groupe qui n’a pas un look de nerd, le blond qui semble tout droit sorti d’un groupe d’indie rock) – les différents musiciens changeront par la suite régulièrement d’instrument, passant de la guitare au synthé ou inversement. Et alors là c’est la grande classe, le groupe nous envoie directement une intro percussive qui laisse sa place au génial single Shake A Fist, l’ambiance monte et le public s’enflamme. Les basses sont énormes, les percussions aussi (la cowbell nous rappelle d’ailleurs que Hot Chip est bien un groupe de DFA), et les jeux de lumières sont très élaborés. Le break du milieu du morceau suivi des samples distordus nous donne une idée de ce qui va suivre: les stroboscopes sont utilisés intensivement (à déconseiller aux épileptiques), et le morceau reprend de façon vraiment puissante. Le son est très bien (seules les voix paraissent un peu trop fortes au début, mais le problème est vite réglé), il n’y a rien à redire. Après avoir d’emblée déchaîné le public avec ce single, le groupe ne le lachera plus: la tension va monter crescendo avec l’enchaînement de tubes electropop qui sortent magnifiés par l’énergie du concert (à ce propos, celui qui a écrit qu’Hot Chip, c’était 5 anglais alignés derrière leur claviers ferait bien de s’acheter des yeux: déjà, les 5 ne sont pas alignés puisque le dernier membre est surélevé derrière les autres, mais surtout les musiciens bougent bien, en particulier le guitariste qui est partout sur la scène et le chanteur qui n’hésite pas à venir haranguer le public). Après Shake A Fist, le groupe nous envoie le splendide And I Was A Boy From School puis, si mes souvenirs sont bons, Touch Too Much et un Bendable Poseable à deux guitares (ce qui permettra d’ailleurs un élan sonique assez impressionant) et aux rythmes imparables. Le public semble vraiment en transe (ce n’était peut être que l’endroit où j’étais placé – au troisième/quatrième rang -, mais j’avais vraiment cette impression) lorsque le groupe envoie son Over And Over, on voit des gens danser partout et pendant le refrain, toute la salle semble se soulever, sautant, dansant. Les gens semblent être vraiment dans la musique – un peu trop pour certains, même, ainsi on verra nottament une personne sans doute sous l’influence de l’alcool ou de quelque substance illicite sortir des pas de danses tout droits sortis de l’époque disco, un gars complètement fou qui lui semblait se croire en rave-party, ou des gens qui se mettent à se pousser les uns les autres, en dégageant par la même occasion tout ce qui se trouve sur leur passage. Après ce moment enflammé le groupe calme le jeu avec un Wrestlers du plus bel effet en live et We’re Looking For A Lot Of Love, ce qui permet à tout le monde de reprendre ses esprits et son souffle. Mais c’est pour mieux repartir ensuite avec, si mes souvenirs sont bons, l’excellent Hold On sur lequel le groupe laisse pleinement ressortir son côté techno, sur des parties instrumentales étendues de qualité, alors que le refrain au contraire sonne beaucoup plus rock et déstructuré – avec le guitariste qui saute en permanence sur scène. Le groupe balance alors le monstrueux premier morceau du nouvel album, Out At The Pictures, qui est un nouveau sommet du concert, en particulier durant la partie saccadée entrecoupée de breaks qui sonne comme une suite d’explosions successives accompagnées une nouvelle fois par un stroboscope omniprésent. La tension ne faiblit pas avec One Pure Thought, meilleur morceau du nouvel album à mon avis, synthèse parfaite d’electro et de rock (le riff du morceau est vraiment superbe) – dommage que ce morceau soit accompagné encore une fois par ces mecs qui dégagent tout autour d’eux et qui forcent à se reculer. Le morceau rend vraiment bien en live, et le mélange synthé/guitares (assez équilibrés) est splendide. Le guitariste annonce alors Ready For The Floor qui est déjà un classique du groupe. L’intro vocale est abrégée, en revanche le groupe fait ensuite lentement monter la tension avec une partie de synthé hypnotique qui durera plus d’une minute avant que la rythmique house du morceau fasse finalement son apparition pour le dernier éclat du set, encore plus dansant que dans sa version studio (oui, c’est possible!). Le groupe quitte alors la scène sous les acclamations du public. Après de nombreux applaudissements, cris hystériques, etc, le groupe revient finalement avec le très calme morceau éponyme de Made In The Dark. Après ce retour en douceur, le groupe démarre le riff du génial Don’t Dance, orienté très dancefloor/club et très réussi: les différents breaks composés des « Don’t dance don’t dance don’t dance… » du chanteur laissent la place à des structures de techno distordue extrêmement prenantes. Alors que l’on s’attend à ce que la dernière partie techno du morceau (la plus intense) soit étendue en live, elle sert en réalité d’enchainement à No Fit State, le troisième morceau du set qui ne soit pas sur le dernier album – on peut dire que le concert était vraiment orienté sur Made In The Dark qui fut joué dans sa quasi intégralité… – aux influences acid house. Le public, vraiment dans l’ambiance ce soir, se permet de ponctuer les beats du morceau par des cris. Le break au milieu du morceau ressort réellement comme une pause, avant de repartir de plus belle sur le dernier passage tendu du set. Le public se permet sur ce morceau de ponctuer les breakbeats d’une section avec des cris, il y a vraiment une certaine osmose assez impressionante… Finalement, le groupe termine son concert avec un In The Privacy Of Our Love plutôt inattendu mais qui clôt la soirée en beauté. Il est presque 23h, le drapeau change à nouveau de couleur en fond de scène. J’ai la voix cassée, perdu toute énergie et 15 litres de sueur, et des souvenirs plein la tête du concert, alors qu’un bon vieux Depeche Mode est joué dans la salle. Pour conclure, une soirée géniale donc, à l’ambiance survoltée, en partie grace à un public globalement génial, où Hot Chip aura démontré tout son potentiel en concert en déployant beaucoup d’énergie, au service d’une musique vraiment efficace, avec un set axé sur le dernier album. Génial!

Setlist Hot Chip (pas sure à 100% mais assez exacte):

  1. Shake A Fist
  2. And I Was A Boy From School
  3. Touch Too Much
  4. Bendable Poseable
  5. Over And Over
  6. Wrestlers
  7. We’re Looking For A Lot Of Love
  8. Hold On
  9. Out At The Pictures
  10. One Pure Thought
  11. Ready For The Floor
  12. Made In The Dark
  13. Don’t Dance
  14. No Fit State
  15. In The Privacy Of Our Love

MySpace de The Letter G
Myspace de Hot Chip

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~ par SyrFox sur 16 mars 2008.

3 Réponses to “Hot Chip + The Letter G @ Le Grand Mix (Tourcoing), 15/03/08”

  1. Je pense au jour ou je t’accompagnerais voir ce fameux groupe. Sérieusement, lorsque tu m’a fait entendre le live sur youtube … J’ai vraiment craqué !

    Alors préviens moi le jour où ces merveilles reviennent !
    Thx.

  2. le meilleur moment du show fut-il la partie de synthé hypnotique de plus d’une minute ou les pas de danse sortis tout droit de l’époque disco d’une personne sous l’influence de quelque substance illicite?

  3. Ni l’un ni l’autre, à mon avis le meilleur moment était Over & Over mais c’est difficile de vraiment dire, par contre les pas de danse disco sont parmi les moments les plus marrants du concert =D

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