Einna + L’Homme Puma + Time To Burn + Celeste @ La Péniche Alternat (Paris), 22/02/08

Après un quart d’heure à chercher cette salle, on arrive enfin sur ce lieu appelé la Péniche Alternat: une péniche (non? Sans déconner?) ancrée sur les bords de la Seine, qui ferait presque tâche comparé à cet immense ogre qu’est le palais de Bercy. Une fort agréable péniche tout de même, dont le « sous-sol » constitue l’endroit idéal pour mettre en place des concerts, malgré un bar proposant des bières un peu trop chères… A propos du public, pas de doute, c’est bien à un concert dont les quatre groupes sont peu ou prou affiliés à la scène screamo/post-hardcore française qu’on va assister: pantalon moulant, mèche qui cache la moitié du visage, avec capuche relevée. On aurait presque – toutes proportions gardées – l’impression d’avoir sous les yeux un public venu plus pour être vu que pour voir. Quelques minutes d’attente, et le premier groupe de la soirée va commencer.

C’est Einna qui ouvre le bal, groupe de Toulouse. Et là, c’est le drame, le groupe entame son set en partant dans une débauche d’attitudes – là aussi, toutes proportions gardées – assez risibles: et vas-y que j’exhibe mes tatouages, que je bouge ma tête dans tout les sens en ouvrant grand la bouche, que je fais des gros moulinets avec mes bras en jouant de la guitare…Pour la musique en elle-même, Einna joue une musique post-hardcore très, mais alors très en vogue en ce moment, ressassée maintes et maintes fois aujourd’hui. Knut, Botch et Breach sont déjà passés par là, il y a bien longtemps. Clairement le groupe le moins bon de cette soirée.

Place à l’Homme Puma, trio le plus original des quatre groupes présent ce soir. En effet, ce groupe joue un post-hardcore, plus post que hardcore, fort personnel, car agrémentée de samplers de voix et d’éléments dub; la ressemblance avec un autre groupe français, Dont Look Back, m’a d’ailleurs frappé, même si la musique de L’Homme Puma est de tout de même plus violente. Et c’est un set extrêmement prenant que nous offrira le trio guitare/basse/batterie (avec un clavier qui n’a pas servi à grand-chose, sinon à lancer des boucles), en offrant une musique réellement vivante, prenant aux tripes, à l‘image du bassiste, chantant dans le vide en jouant. Une musique tour à tour planante, mélancolique, vivifiante, rageuse; pleine de rebondissements. C’est d’ailleurs ce qui a fait tout l’intérêt de ce set: être emporté dans l’univers de l’Homme Puma, en étant ballotté entre une multitude d’émotions, avec intensité et passion.

Changement de plateau, et c’est Time To Burn qui s’installe rapidos sur le petit espace qui leur est réservé. Time To Burn, c’est quatre grands garçons, qui jouent une musique post-hardcore qu’on peut largement, à l’écoute de leur dernier album en date, « Is.Land », qualifier d’apocalyptique. Le set est entamé rapidement, et c’est par la courte ouverture de ce dernier album que le quatuor entamera celui-ci. Et c’est parti pour les quarante minutes les plus intenses de cette soirée. Massif et impitoyable, les quatre de Time To Burn donnent tout ce qu’ils ont, sans se poser de question. Une vraie puissance de feu; on voit que ces types ont envie de vous laisser une marque, en imposant une tension hallucinante tout au long du set. Alors, sans broncher, sans rien dire, on fait face, en se prenant la tempête de décibels dans la face. Et on meurt de plaisir, emporté dans le tourbillon monolithique délivré par le quatuor.

Et voilà le dernier groupe qui arrive, Celeste, qui s’installe vite fait. Le groupe, fidèle à ce qui semble être son habitude, fait éteindre toutes les « putes de lumière » (dixit le chanteur), la seule source de celle-ci émanant de petites loupiottes rouges fixé sur le front de chaque membre. Le set commence rapidement, première chanson, et, à ma grande surprise, le chanteur se balance dans la foule, son micro à la main, continuant de chanter. Déjà que le concept, « brisons la barrière entre le public et le groupe » j’y crois moyen, là, ça devient carrément n’importe quoi. Un pogo se déclenche donc devant la scène; ce genre d’insupportable rituel où l’on est censé démontrer sa grande virilité à coup de grosses mandales dans la gueule, et de low kick sournois dans les jambes. Bref, je décide un repli stratégique vers le fond de la salle. Dépité, ne voyant plus rien dans la salle, j’enfourne mes boules quiès, commençant à farfouiller dans le bac à disques du disquaire présent. Je ne pourrais donc pas décrire cette prestation de Celeste, à part le gros bordel se déroulant devant la scène.

Une fort bonne soirée donc, valant surtout pour les excellentes prestations de l’Homme Puma, et Time To Burn.

Publicités

~ par Pacush Blues sur 12 mars 2008.

2 Réponses to “Einna + L’Homme Puma + Time To Burn + Celeste @ La Péniche Alternat (Paris), 22/02/08”

  1. Faut avoir de la merde dans les oreilles pour recaler Einna à la place du cancre de cette soirée. C’était clairement le set le plus habité.

  2. Si tu le dis. J’étais pas au courant qu’être en désaccord avec toi est synonyme d’avoir de « la merde dans les oreilles ».

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :