Gang Gang Dance

Gang Gang Dance

Issu de la prolifique scène New-Yorkaise innovante du moment (Liars, Animal Collective, TV on the Radio, !!!, Celebration, Black Dice, First Nation, Psychic Ills, Telepathe, Excepter…), Gang Gang Dance est un autre groupe atypique. Quatuor emmené par Liz Bougatsos (chant, percussions), Brian DeGraw (clavier, percussions), Josh Diamond (guitare), Tim Dewitt (batterie), leur musique est principalement basée sur ces percussions omniprésentes créant des tissus rythmiques complexes, et sur des sonorités de claviers et de guitares tellement modifiées qu’on ne reconnait plus les instruments originaux. Au dessus de cette section instrumentale originale, plane la voix aigue et autiste de Liz, elle aussi triturée à l’extrême avec une pédale d’effet, passant sur les différents canaux de la stéréo. Influencés aussi bien par la musique expérimentale, que le rock, l’électro, le hip hop et les musiques tribales, orientales, etc, Gang Gang Dance tisse au final, de toutes ces influences, une musique complètement nouvelle. Le groupe ayant de plus l’habitude d’enchaîner, que ce soit en concert ou en disque, tous leurs morceaux, la musique de Gang Gang Dance s’avère être un véritable fleuve sonore dans lequel il est facile de se laisser entrainer, mélodies et passages expérimentaux s’enchainant sans complexe. D’un vrai chaos sort régulièrement une mélodie plus marquée, qui laissera ensuite sa place à des passages plus ambients… Une expérience en soi.

Gang Gang Dance - God’s Money

Si les deux premiers albums du groupe, Gang Gang Dance et Revival Of The Shittest, très expérimentaux, peuvent laisser de marbre les auditeurs peu habitués aux musiques de ce genre, avec son troisième album, God’s Money, le groupe réussit un véritable tour de force, et signe par là même un chef-d’oeuvre (à mon sens l’un des albums les plus importants de cette décénnie, jusqu’ici): combiner musique exigeante et mélodies magnifiques, mélanger absolument tous les styles, toutes les influences, et toutes se les approprier pour créer son propre son (on passe ici sans problème d’une intro tribale, God’s Money I, à un morceau aux sonorités plus « tropicales » (Glory In Itself), suivi, après un court passage chaotique, par un morceau sonnant très égyptien (Egyptian)… Vous trouverez également des passages presque hip hop sur Nomad For Love (Cannibal), une espèce d’electronica avec God’s Money V…): au final, se rendre plus facile d’accès (c’est relatif, cela dit, ne vous attendez pas à entendre le morceau le plus accessible de l’album, Egowar, sur une radio…) tout en ne se compromettant pas. Après ces 38 minutes de musique, un seul mot s’impose: Bravo…

Gang Gang Dance Live

Après God’s Money, le groupe a publié un EP, Hillulah, regroupant des extraits de concerts du groupes. Je vous conseille en particulier l’ultra bruitiste et très no-wave The Cooler, le magnifique North Six où l’on se croirait projeté en pleine jungle, entouré d’une tribu inconnue, ou l’intro mystérieuse de Stanton Street. En 2007 est paru un nouveau projet, plus expérimental encore, appellé Retina Riddim, distribué en CD+DVD. Comme pour l’album Drum’s Not Dead des Liars, le DVD ne sert pas ici à présenter un quelconque making of, des clips ou une interview du groupe, mais à compléter l’album en le mettant en vidéo. Le groupe a ainsi illustré son album en faisant correspondre à chaque son, chaque rythme, des images, qui se succèdent durant cette demie-heure de musique. Un projet très expérimental donc, la musique qui l’accompagne ne l’étant pas moins, en passant de la musique classique à de la pure techno, ou à des contrées plus habituelles pour le groupe. Le groupe devrait également sortir un nouvel album sous peu, puisque de nombreuses nouvelles compositions sont jouées en concert, qui annoncent un album tout simplement génial, que j’attend personnellement avec impatience…

Pour finir, il est à noter que le groupe est signé sur le fantastique label new-yorkais The Social Registry, qui accueille également de nombreux autres groupes géniaux, tels que Psychic Ills ou Telepathe, eux aussi jouant dans une veine assez tribale. A découvrir !

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~ par SyrFox sur 15 juin 2007.

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