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June Of 44: “Engine Takes To The Water”

June Of 44 est un quatuor provenant de Chicago, et pratique un noise-rock tourmenté, avec une approche post-rock, depuis 1995. Ce groupe est composé d’illustres membres ayant été dans divers combos qui ont obtenu une certaine réputation dans le milieu noise des années 90: Rodan, Hoover, Codeine, Lungfish… Depuis leur débuts, pas moins de 5 albums ont été publiés, plus une collaboration avec les bataves de The Ex, « In The Fishtank ». « Engine Takes To The Water », l’album dont je vais causer ici, est leur première sortie.

Résolument sombre, ce premier essai des quatre membres de June Of 44 frappe tout d’abord par ses errements lunatiques, reflétant une atmosphère torturée, presque malsaine. Ainsi, si l’album démarre sur un arpège délicat, fait d’harmoniques, on a juste le temps de se laisser bercer que le morceau embraye sur une tonalité beaucoup plus dynamique et agressive, rentre-dedans. Il en sera comme cela tout au long des 41 minutes que constituent “Engine Takes to the Water”: un jeu de montagnes russes, entre moments de dévastation sonique, et instants de mélancolie intimiste contemplative. Le guide, à travers ce voyage, pourrait être très bien Jeff Mueller, le chanteur, si celui-ci ne se mettait pas finalement à pouvoir nous surprendre en changeant totalement sa manière de chanter, presque schizophrénique: cris libérateurs, chant agressif, murmuré, plaintif. Mueller passe par tout les registres, surprenant ainsi l’auditeur, ne sachant pas à quoi s’attendre. L’auditeur d’ailleurs, c’est bien lui qui est pris en otage tout au long de ce premier jet, faisant les frais de tous les grands écarts que peut comporter la musique du quatuor. On est réellement ballotté à travers les incessants changements de plans, d’émotions transmises; une certaine tension restant toujours mise en place, comme une ligne directrice. Impossible d’ailleurs de donner un morceau représentatif, tant cet album est à prendre comme un tout. C’est un véritable univers qui est tissé par le groupe, un univers ou l’on est happé, et où, à l’issue de la superbe chanson, “Sink Is Busted”, mélancolique en diable, on a réellement du mal à s’y détacher.

June Of 44 - Engine Takes To The Water (1995, Touch & Go)

  1. Have A Safe Trip, Dear
  2. June Miller
  3. Pale Horse Sailor
  4. Mindel
  5. I Get My Kicks For You
  6. Mooch
  7. Take It With A Grain Of Salt
  8. Sink Is Busted

Myspace: June Of 44

Live: June Of 44 - I Get My Kicks For You

MP3: June Of 44 - Sink Is Busted

Oneida: “Secret Wars”

Secret Wars

Dès les premières secondes de ce Secret Wars du trio new-yorkais Oneida, le ton est donné: le groupe vous envoie une structure hautement hypnotique, la batterie martèle pendant que la guitare et le synthé s’occupent de charger le son de riffs acides. Et pourtant, ce n’est encore qu’une faible annonce de ce qui va suivre: parlez d’art rock ou de post-punk si vous voulez, quoiqu’il en soit ce Secret Wars est en réalité un concentré de huit titres qui, pour la plupart, sont des véritables assauts furieux pour lesquels les mots en “ique” s’enchainent: supersoniques, hypnotiques, frénétiques, épileptiques. Sur l’excellent Caesar’s Column, le groupe alterne passages instrumentaux où la batterie se fait tribale et puissante alors que les autres instruments nous mettent à terre, et passages chantés tout en crescendo, avec une basse glissante et terriblement groovy. Le groupe se permet aussi de calmer le jeu à deux reprises, avec un Wild Horses très rock’n'roll, voire blues, et cet étrange The Last Act, Every Time acoustique et aux motifs ouvertement psychédéliques; mais ce n’est que pour mieux repartir ensuite. Wild Horses est ainsi suivi du terrassant $50 Tea: vous pensiez que dans le genre frénésie le groupe n’irait pas plus loin que Capt. Bo Dignifies The Allegations With A Response, deux titres plus tôt? L’erreur est flagrante dès les premières secondes du morceau où le clavier ultra speed démarre ce riff, agrémenté par la suite de nombreux motifs acides de guitare, pour finir dans un magma sonore (contredisant le “Don’t take away the precious record of the chaos we are in” que l’on entendait sur Caesar’s Columns) et finalement dans une dernière minute constituée d’un seul riff répété en boucle, sans laisser le temps de souffler. De même, The Last Act… précède le cinglant et magnifique The Winter Shaker, plus lent mais tout aussi épileptique, constitué d’un bout à l’autre d’une guitare sifflante, lancinante et d’une batterie à nouveau tribale, alors que le chant qui arrive tardivement prend presque la forme d’une complainte. C’est sûrement la plus belle réussite de l’album (avec le cisaillant $50 Tea), car ce morceau démontre la capacité d’Oneida à maintenir son potentiel hypnotique tout en variant les atmosphères et caractères des morceaux: tout en étant beaucoup plus lent et mélancolique que sur les autres morceaux, le groupe y reste captivant, et même le titanesque instrumental final, Changes In The City, soit 14 minutes d’hypnose pure et dure, ne peut pas atteindre ce sommet.

Secret Wars est donc bien un excellent album, tout de même assez varié même si l’ambiance est souvent placée sous le signe d’un accès de frénésie, puisqu’on y trouve aussi bien des morceaux uptempos que des rythmes plus lents, des passages psychédéliques et d’autres plus hypnotiques. Les morceaux sont aussi servis par une production de qualité (notons d’ailleurs que l’hyperactive Samara Lubelski assiste la production sur les cinq premiers titres), même si on ne retrouve quand même pas la même énergie sur la version album de Caesar’s Column que sur les lives incroyables du morceau (voir l’extrait de PUNKCAST dans les liens ci-dessous).

Soyons clairs: si vous cherchez un disque pour installer une ambiance lounge dans vos soirée, évitez Secret Wars qui risquerait de faire fuir vos invités (et les voisins avec). De même, si vous n’aviez pas apprécié le morceau Each One Teach One, sachez qu’Oneida joue ici une musique dans le même genre mais poussée globalement sur tout l’album. En revanche, si vous cherchez un punk (ou post-punk, ne jouons pas sur les mots) épileptique et terrassant, vous laissant haletant et ayant pour seules respirations les blancs entre les morceaux, alors jetez vous dessus car vous y trouverez probablement votre bonheur - d’autant que la pochette est réellement splendide.

Oneida - Secret Wars (2003, Jagjaguwar)

  1. Treasure Plane
  2. Caesar’s Column
  3. Capt. Bo Dignifies The Allegations With A Response
  4. Wild Horses
  5. $50 Tea
  6. The Last Act, Every Time
  7. The Winter Shaker
  8. Changes In The City

Myspace: Oneida

Live: Oneida - Caesar’s Column

Oneida

Artanker Convoy: “Mature Fantasy”

Autant le dire tout de suite, si vous cherchez un groupe aux visuels magnifiques, passez votre chemin: les choix esthétiques du sextet new-yorkais sont même plutôt douteux: la pochette de ce Mature Fantasy semble ainsi provenir tout droit d’un bootleg amateur d’une quelconque formation de rock progressif et ne donne pas vraiment envie d’aller plus loin avec Artanker Convoy. Pourtant, la musique est à des années-lumière de ce style. En cherchant un peu, on découvre que les six membres de cette formation ont joué dans divers groupes - le bassiste et le batteur/leader Artanker ont nottament joué dans The Jinx Clambake Explosion, combo inconnu mais qui avait la particularité de compter parmi ses membres James Murphy de LCD Soundsystem. Artanker Convoy n’a pas non plus grand chose à voir avec LCD Soundsystem si ce n’est un élément primordial dans la musique de ces deux groupes: un groove implacable.

Artanker Convoy joue ainsi une sorte de jazz hautement rythmique et terriblement groovy, aux réminiscences funk par endroits. Dès les premières secondes de Crown Vic, ouverture de ce disque ou comment remettre tout le monde à sa place en moins de trois minutes, la batterie claque, quelques samples viennent vous titiller avant que la basse vienne réellement lancer le morceau, et que ce groove impensable se mette en place. Et ensuite tout s’enchaine parfaitement, des riffs de guitare presque math-rock, le saxophone qui vient nous rappeler que quand même, Artanker Convoy fait du jazz, ou est fortement influencé par ce genre, et puis cette section rythmique massive qui envoie tout le monde danser sur son passage (batterie, percussions et basse!). On pense par moments à un Tortoise encore plus groovy, voire à un !!! qui se serait mis au jazz (même si la comparaison est tirée par les cheveux, certes), mais les six musiciens en présence semblent tellement en phase les uns avec les autres que leur musique est complètement fluide et transcende toute influence claire ou idée de genre - et à vrai dire, on ne prend pas la peine de se poser la question tant c’est prenant! On ignore également complètement le fait que On The Wire, ou au moins son intro, semble calqué sur Crown Vic (le rythme de batterie introductif est quasiment le même sur les deux morceaux, et les basses sont également très semblables), parce que ce Crown Vic est tellement bon qu’on souhaiterait le voir durer une bonne dizaine de minutes de plus. Sans compter que le disque regorge de morceaux aussi réussis que ce dernier: Portuguese par exemple, avec ses lignes de basses descendantes acides, nous achève pendant 8 minutes 30 imparables, sans baisse de régime. Notons également que - c’est rarement le cas - la version remixée de Alaska, placée en fin d’album, surpasse l’originale: là où Alaska est le seul vrai passage chill-out de cet album (même si Natch par exemple n’est pas non plus très enlevée) en nous proposant 9 minutes de calme - tout relatif, parce qu’encore une fois la batterie vient nous rappeler toutes les capacités du groupe -, agrémenté de voix du plus bel effet même si elles sont complètement imprévisibles, le Cosmic Rocker Remix vient dynamiter les fondations du morceau, faisant exploser le potentiel dansant caché dans l’original: les polyrythmes du batteur sont remplacés par une boite à rythmes dans le style house/dancefloor qui s’accorde parfaitement avec la mélodie, sublimée par les nouveaux effets. Le groupe nous pousse dans nos derniers retranchements avec le chant qui est cette fois totalement en accord avec la musique (et aux paroles indiscernables - je ne comprends que “The water…”, le reste est trop trouble pour être compréhensible) et nous entraine pendant 8 minutes supplémentaires sur des territoires électroniques et hypnotiques inabordés sur le reste du disque - et, finalement, ce remix s’avère bien plus qu’un bonus ou du remplissage, mais bien faire partie intégrante de cet album, rentrant parfaitement dans la tonalité du disque.

En bref, ce Mature Fantasy est le disque idéal si vous êtes à la recherche de musique qui vous fera secouer les genoux et la tête en rythme. Ne faites pas attention à cette pochette, mettez le disque dans votre lecteur/platine et - vous sentez ce batteur qui martèle ses caisses et cette basse qui vous rentre dans le ventre?

Artanker Convoy - Mature Fantasy (2004, The Social Registry)

  1. Crown Vic
  2. Thruway
  3. Alaska
  4. Portuguese
  5. Natch
  6. On The Wire
  7. Alaska - Cosmic Rocker Remix

Myspace: Artanker Convoy

Todd: “Purity Pledge”

Purity Pledge

Plusieurs indices peuvent nous mettre au courant de la teneur de ce premier méfait de ce quatuor texan, Purity Pledge. En effet, la tignasse de cheveux gras tournoyant sur l’arrière de la pochette, et le line up, constitué de Craig Clouse, l’ancien vocaliste d’Hammerhead, groupe de noise des années 90, nous mettent sur la piste: cet album sera bruyant. Ah ça, Todd ne se fera pas prier pour vous vriller les oreilles: le premier titre, « Sharon After Prom », rappelant Unsane pour sa lourdeur pachydermique, annonce la couleur: sauvage, sale, insoumis, et donc bruyant. Le quatuor rappelle en général toute la clique de groupeS noise-rock crapuleux des années 90, tels que Killdozer, Cows, Tar et évidemment Hammerhead, et use de tout les stratagèmes pour vous faire perdre la boule: riffs saignants, répétés à l’envie par les deux guitaristes, jusqu’à pisser le sang par les doigts; une basse bien grasse faisant tourner ses lignes malsaines, parfois remplacéE par un synthé; le batteur, solide comme un roc et ne perdant pas son temps en fantaisies jazzy, assène ses rythmiques de bœuf pendant toute la longueur de l’album; et enfin, c’est cette voix, gutturale, beuglée jusqu’à l’extinction, qui finit de vous lobotomiser le cerveau. Au niveau général, Todd pioche allègrement dans les styles les plus primaires et les plus gras tels que le metal, le punk, la noise; pour vous les recracher à la gueule comme on vous enverrait une bonne grosse mandale dans la tronche.
Plus qu’un disque parmi tant d’autres, Todd, avec ce Purity Pledge, remet au goût du jour une certaine idée du rock: malodorante, crapuleuse, méchante, qui fait peur… Du rock comme on devrait simplement en voir plus souvent…

Todd - Purity Pledge (2004, Southern)

  1. Sharon After Prom
  2. Little Dipper To Squirrel
  3. Butlers Portion
  4. Mr. Harry
  5. Sedan
  6. Hog Blood River
  7. Purity Pledge
  8. Eagle And Child
  9. Miss Longhornspeedway
  10. Jenny
  11. You Wouldn’t Believe Me
  12. Cracker Jack Asshole

MP3: Todd - Butlers Portion

Psychic Ills: “Dins”

Si l’on se contente d’écouter le premier titre de Dins, premier album des new-yorkais de Psychic Ills, East, et que l’on jette un regard sur le label, The Social Registry, on a tôt fait de penser que Dins va nous emmener dans des contrées très similaires à celles évoquées par les géniaux Gang Gang Dance: intro de percussions tribales, mélodie de guitare aux sonorités exotiques, on pense être en terrain connu. Pourtant, Psychic Ills est finalement très différent de ses confrères de labels. Dès la deuxième piste la surprise arrive, puisque la première moitié du morceau se compose uniquement d’une longue plage ambiente et expérimentale, aux sons répétitifs et chaotiques. De ce magma s’extrait subitement la première vraie chanson du disque, où le groupe nous dévoile son côté très psychédélique, voire shoegaze: un mur de guitare derrière lequel vient se cacher un chant aux paroles indiscernables (à l’exception du titre du morceau: Electric Life.). Après deux minutes sur cette structure, le groupe s’enferme à nouveau dans une structure drone qui évolue progressivement vers une tornade noise.

Sur l’ensemble du disque, le groupe poursuit ce mélange de vraies compositions et d’improvisations pures et dures, de mélodies psychédéliques et de séquences bruitistes et drone. Cette alternance donne à l’écoute une impression de voyage sonore: on croit rentrer dans des tourbillons de noise abrasive dans lesquels des sons nous attirent, quand soudain des mélodies sortent de nulle part, déstabilisantes donc mais aussi souvent éclatantes de beauté. Tout semble également flou sur Dins: que ce soit les voix, qui se voient en permanence cachées par un traitement shoegaze, cachées derrière des murs sonores eux mêmes composés de sonorités floues, comme ces guitares en permanence modifiées. Le groupe n’hésite pas non plus à se livrer à de la vraie expérimentation, comme sur le court Inauration où au moins la grande majorité des sons semble être passée à l’envers. De même sur I Knew My Name, le groupe enchaine sans réelle transition ce qu’on peut supposer être un jam instrumental à un morceau lancinant mais positif, et sur lequel on peut même poser un schéma classique couplet/refrain.

Si, vu comme ça, on peut croire que le disque est brouillon, il n’en est en réalité rien. Dins a vraiment une cohérence que l’on ne peut pas nier, et les morceaux, déjà très bons écoutés séparément, ressortent magnifiés lors de l’écoute de l’album intégral: les passages mélodiques deviennent vraiment saisissants de beauté après les assauts soniques, qui eux-mêmes dégagent une impression de puissance après les sections mélodiques. Sans compter que l’album regorge de perles dans ses compositions: Another Day Another Night, est un morceau très rock déconstruit par le feedback, la deuxième section d’Electric Life est elle très psychédélique, avec toujours cette voix cachée par ces guitares massives. Mais le vrai meilleur morceau de ce disque se trouve en son cœur, en plein milieu: il s’agit de January Rain, qui est vraiment une chanson parfaite. La basse et la batterie nous martèlent frénétiquement avec un son très puissant, tandis que la guitare aérienne nous paralyse par sa beauté étrange. La voix semble hypnotisée par les guitares et se contente de bribes de paroles répétitives, la tension est réellement palpable, et cela encore plus durant la longue section instrumentale où la guitare enchaîne attaque sur attaque, renforçant le côté hypnotique de l’ensemble par des notes aigues, soutenues pendant de longues secondes. Le morceau dure un peu moins de 6 minutes, mais tout semble ici tellement parfait qu’on en redemanderait bien quelques minutes de plus: le groupe a écrit ici le genre de morceaux pour lesquels le terme “transe hypnotique” semble avoir été créé.

Dins est donc un autre grand disque du label The Social Registry. L’ensemble peut nécessiter quelques écoutes pour être vraiment assimilé, car ces multiples variations de climats peuvent être difficiles à appréhender lors des premiers contacts. Mais ces écoutes en valent la peine, car il y a au bout un disque d’une qualité exemplaire, prenant d’un bout à l’autre, aux sonorités très diverses mais toujours passionantes. Hautement recommandé aux amateurs de Gang Gang Dance ou Telepathe…

Psychic Ills - Dins (2006, The Social Registry)

  1. East
  2. Electric Life
  3. Untitled
  4. January Rain
  5. Inauration
  6. I Knew My Name
  7. Witchcraft Breaker
  8. Another Day Another Night

MP3: Psychic Ills - January Rain
Myspace: Psychic Ills

Enablers: “Output Negative Space”

Acheté des mains de Joe Goldring, le guitariste, lors de leur fabuleux passage en concert à la Mécanique Ondulatoire, je m’attendais à retrouver la fureur électrique, ponctuée de l’énergie presque surnaturelle avancée par le chanteur, Pete Simonelli, déclamant ses spoken-words en gesticulant tel un chaman possédé… Mais non. Point de toute cette débauche sonique dans « Output Negative Espace. Seuls correspondent par rapport à cette prestation les passages intimistes, posés, et calmes, annonceurs de la furie à venir. Ainsi, ce deuxième album des quatre San Fransiscains reste dans la lignée de leur premier effort, « End Note » : deux guitares, une batterie, et un chanteur, parlant ses textes au lieu de justement les chanter. Avec une telle formation, on pourrait s’inquiéter au niveau de l’épaisseur du son, mais Enablers œuvre dans un style si particulier, si personnel, que cette absence ne se fait absolument pas remarquer, et devient presque une force pour le quatuor. En effet, les mélodies tissées par les deux six cordes, souvent faites d’arpèges, s’entrecroisent, se complètent, rappelant Slint par moments pour la pureté du son. Et si quelques mélodies peuvent parfois paraître lumineuses (« Mediterranean », « Sudden Inspection »), elles sont souvent porteuses d’une tristesse sous-jacente. Mais bien sûr, Goldring et Thompson -les deux guitaristes- peuvent également torturer leur guitare, faisant alors exploser la tension soutenue pendant les passages les plus calmes. Cela peut alors rappeler June Of 44 lors des passages les plus électriques, les plus tourmentés. C’est d’ailleurs, le plus souvent, dans ces passages là que Simonelli se tait pour laisser plus d’espace à la rage que délivrent les autres instruments.
Pete Simonelli, le vocaliste de ce quatuor, pièce maîtresse de l’originalité de ce combo , déclame ses textes d’une voix chaude, apaisée, mais pouvant se durcir sur les passages les plus agressifs. Il s’accorde parfaitement à la tonalité sombre du son d’Enablers, en particulier sur les passages intimistes, presque jazzy (« On Monk »), et c’est bien lui qui nous guide à travers le voyage que constitue “Output Negative Space” . Pas besoin d’ailleurs de comprendre ce qu’il raconte pour pouvoir se construire une histoire à partir de son imaginaire. Et je ne pouvais omettre de citer Joe Burns, fabuleux batteur: d’une souplesse incroyable, il complète parfaitement l’ambiance mélancolique et tendu des mélodies tissées par les deux guitares. Effleurant ses cymbales, caressant ses toms, il sait aussi maltraiter sa batterie dans les moments les plus opportuns, toujours pour un parfait rendu.

Ainsi, Enablers nous livre là une superbe suite à l’étrangement nommé « End Note », toujours dans la même lignée de celui-ci. Jamais ennuyant, toujours prenant aux tripes, il est certain que vous ne regretterez pas l’acquisition de cet album.

Enablers - Output Negative Space (2006, Neurot Recordings)

  1. Five O’clock, Sundays
  2. Up
  3. On Monk
  4. Mediterranean
  5. Output Negative Space
  6. For Jack: A Phillipic
  7. Sudden Inspection
  8. 1939
  9. Ghosting

MP3: Enablers - Sudden Inspection

Myspace: Enablers

Pissed Jeans: “Hope For Men”

pj

 

 Pissed Jeans est un quatuor provenant de la Pennsylvanie, comprenant Bradley Fry (guitare), Randy Huth (bassiste), Sean McGuiness (batterie), et enfin Matt Korvette (chant). Leur première sortie datant de 2004, ce groupe à a son actif deux albums, plus un single, ainsi que des participations à diverses obscures compilations. Leur dernier sortie « Hope For Men », est celle dont je vais causer ici.

 

 

 Pissed Jeans, pour entamer cet album, décide de mettre l’auditeur à l’épreuve. « People Person », dissonant, tribal, suit une ligne basse/batterie simple, répétitive et frénénétique, tandis que les guitares vomissent leur larsens et autres sons étranges. Matt Korvette, quant à lui, essaye de se faire entendre, avec ses cris complètement allumés, au milieu de tout ce bordel. Je vous l’avais dit, ce quatuor de vilains garçons (au nom de groupe absolument génial) ne fait pas dans la demi-mesure. Soit on accroche tout de suite, soit on fuit ce groupe comme la peste. Car Pissed Jeans remet au goût du jour une certaine idée du rock: brute sauvage, intense, rêche et directe; bavant de saturation, avec un bonne attitude de branleurs en sus. Pas besoin de faire un dessin pour illustrer ça, car après le douloureux « People Person » passé, la tension accumulée dans ce morceau éclate littéralement dans la suite de l‘album, et chaque titre devient un véritable défouloir punk-rock: « Bad Wind », « Secret Admirer », « I’ve Still Got You (Ice Cream)». Des gros riffs bien gras, vous vrillant les tympans, rappelant Black Flag et Flipper; une violence à peine contenue, des débordements de partout. Pissed Jeans se fout totalement de ce qu’on pourra penser d’eux, « Hope For Men » est remplit d’absurdités en tout genre et de rythmes complètement barbares, la batteur martelant ses fûts tout en gardant une extrême fluidité dans son jeu. On sent bien que tout est toujours à l’extrême limite de se casser la gueule Et même si, au risque de casser quelque peu la dynamique, le groupe calme le jeu par moments (« Scrapbooking », « The Jogger »), c’est toujours pour placer une ambiance malsaine et instable.
En tout les cas, Pissed Jeans accouche ici d’un grand disque de rock’n’roll, pur, remplie de méchanceté et de gros mots, balançant loin derrière la médiocrité du rock slimmé pullulant de nos jours. Avec des groupes tels que Clockcleaner ou Todd, bien crapuleux, ce quatuor ravive l’idée d’un rock menaçant, qui ferait presque peur. Comme il aurait finalement toujours dû être.

Pissed Jeans - Hope For Men (2007, Sub Pop)

  1. People Person
  2. Secret Admirer
  3. A Bad Wind
  4. Scrapebooking
  5. I’ve Still Got You (Ice Cream)
  6. Fantasy World
  7. I’m Turning Now
  8. Caugth Licking Leather
  9. The Jogger
  10. My Bed

MP3: Pissed Jeans - I’ve Still Got You (Ice Cream)
MP3: Pissed Jeans - People Person
Clip: Pissed Jeans - I’ve Still Got You (Ice Cream)
Myspace: Pissed Jeans

Ex Models: “Zoo Psychology”

Zoo Psychology

Avant de commencer, trois chiffres qui me paraissent indispensables: 15 morceaux. 20 minutes et 11 secondes. Et 2:33, durée du morceau le plus long. Autant le dire tout de suite donc, sur Zoo Psychology, Ex Models ne fait pas dans la dentelle. Le premier morceau démarre avec quelques secondes de silence, puis une guitare semble s’accorder, la batterie débute et c’est parti, le groupe vous attrape par les épaules et vous terrasse à grands coups de secousses sismiques pendant les vingt minutes qui suivent. Une déferlante, que dis-je, un tsunami de séquences frénétiques sans respiration, qui laissent le souffle coupé. Tout y passe: batterie épileptique, guitares no-wave tranchantes partout, riffs de basse abrasifs, des chanteurs hystériques qui crient dans tous les sens, des changements de tempo toutes les cinq secondes. Certains diront que ce n’est que du bruit et en aucun cas de la musique, il n’empêche que ce chaos abrasif est tout simplement jouissif, et très novateur même s’il rappelle fortement la no-wave (en particulier lorsque les guitares prennent des allures de sirènes d’alarme, comme sur Hey Boner). Les chanteurs s’autorisent toutes les excentricités possibles (en frôlant parfois le ridicule comme sur un Zoo Love en forme de chanson pop des années 80, mais pilonnée à grand coup d’explosions distordues), et globalement ces musiciens semblent n’avoir aucune limite, faisant absolument tout ce qu’ils souhaitent: une plage nommée Intro composée d’un son de guitare répété en boucle pendant 50 secondes mais placée en piste 2, des pistes qui semblent sortir de répétitions en commençant et s’arrêtant en plein milieu (Oye Como Shah), des accélérations subites de tous les instruments, tout semble être fait pour déstabiliser l’auditeur, qui devra être lui-même assez fou pour suivre ce torrent bruitiste. Lorsqu’une accalmie semble pointer, comme sur What Is A Price, ce n’est que pour mieux vous asséner un cyclone saturé cinq secondes plus tard, et, finalement, on finit presque par accepter des morceaux comme Sex Automata comme “normaux”, à côté des plages les plus terrifiantes de ce disque expérimental. Du vrai terrorisme sonore, aux confins de la no-wave, du noise (mais la frange la plus bruitiste de la noise), du post-punk, du hardcore (voire presque grind par moments). Du martellement psychotique, par exemple sur le terrible final Three Weeks. Des riffs difformes qui ne ressemblent même plus à des riffs tellement ils sont déjà distordus, larsenisés, saturés, et qui sont remplacés par d’autres riffs toujours plus bruitistes. Des morceaux qui n’hésitent pas à tourner autour d’une simple idée pendant 30 secondes et puis c’est tout (Rip This Joint), ou à se constituer uniquement d’une expérimentation au traitement toujours plus distordu (The Password Is Pelican), mais aussi des morceaux absoluments imparables comme ce Brand New Panties où la voix et les explosions de guitares saturées sont tout d’abord placées en alternance, avant de se rejoindre pour la section finale. Et puis ces voix, ces voix suraigues, qui constituent vraiment un élément de ce raz-de-marée sonore, comme s’il s’agissait réellement d’un instrument à part entière: le chant est tout aussi malade que l’instrumentation, les paroles sont la plupart du temps indiscernables. En somme, ne vous attendez pas à entendre un morceau de ce disque sur une quelconque radio ou télé un jour (mais ça, vous vous en doutiez déjà), en revanche, si vous êtes un amateur de musiques extrêmes sautez dessus, car vous devriez y trouver votre dose de folie pure.

Ex Models - Zoo Psychology (2003, Frenchkiss)

  1. Fuck To The Music
  2. Intro
  3. Pink Noise
  4. Sex Automata
  5. Hott 4 Discourse
  6. Zoo Love
  7. Oye Come Shah
  8. What Is A Price
  9. Brand New Panties
  10. The Mystery Of Brine
  11. Hey Boner
  12. Kool Killer
  13. Rip This Joint
  14. The Password Is Pelican
  15. Three Weeks

MP3: Ex Models - Pink Noise
Myspace: Ex Models
http://www.exmodels.org

Kemialliset Ystävät: “Alkuhärkä”

Kemialliset Ystävät

Même si Kemialliset Ystävät (”amis chimiques”, en finnois) est surtout le projet de Jan Anderzén, on pourrait le considérer comme une sorte d’équivalent finlandais à des collectifs comme Vibracathedral Orchestra ou Double Leopards: un line-up en permanente mutation, de nombreux projets parallèles, et surtout une discographie composée de dizaines de sorties plus obscures les unes que les autres, souvent en tirages très limités: impossible de résumer (ou même de tout écouter) l’ensemble de l’œuvre de ce groupe, c’est pourquoi je vais plutôt me pencher sur un disque en particulier, Alkuhärkä, publié sur Fonal en 2004 - au-delà d’un choix arbitraire, il s’agit surtout de l’un des disques les plus distribués et les plus reconnus de Kemialliset Ystävät.

Alkuhärkä

Autant le dire tout de suite, ce groupe donne dans le folk instrumental, certes, mais pas un folk classique, loin de là. Si on devait réellement classer Kemialliset Ystävät, ce serait certainement dans le genre que certains appellent le freak folk, mais cette étiquette est encore beaucoup trop “normale” pour un groupe qui va très loin dans l’expérimentation: si les deux premiers morceaux de l’album peuvent encore laisser penser que Alkuhärkä est un disque “normal” (tout est relatif, car on est déjà dans un univers assez surnaturel), par la suite ça se complique un peu: en général, les morceaux se composent d’une mélodie calme sur laquelle on tourne pendant deux ou trois minutes (le morceau le plus long dure quatre minutes 25), et autour de laquelle viennent se placer diverses percussions inconnues, des sons venus d’on ne sait où, des instruments originaux… Le tout a un côté très mystérieux, par ce calme quasi-permanent qui contraste avec la complexité des sons utilisés, par ces mélodies étranges - ainsi que, ne le nions pas, par l’utilisation de titres en finnois, qui, pour les non-finnophones, se révèle très énigmatique (lire des titres comme Hirvikärpästen Hovissa ou Antihistamiinimatkaaja a un côté presque hiéroglyphique…). L’écoute est constamment surprenante, puisque l’on ne sait jamais vraiment ce qui va se passer, et la courte durée des morceaux compense la simplicité des mélodies. Et si le groupe ne transcende bien sûr pas en permanence (Kuu Kosta par exemple est un peu lassant), on trouve ici suffisament de bonnes surprises pour être déçu. Ainsi, on retient le très percussif et expérimental “Sata Salamaa Iskee Tulta Ja Elämä Räjähtää” (où certaines sonorités semblent provenir tout droit des disques les plus expérimentaux de Sonic Youth, comme le SYR 3), le presque free-jazz (avec un saxophone - en tout cas, un instrument ressemblant à un saxophone - déchainé, et un piano très beau pour contrebalancer) Kamelin Hikeä, Koirien Kasvattama et son basson (encore une fois rien n’est sûr) accompagné de sons de synthé étranges, mais surtout le génial Kiimaniityn Kutsu: une boucle de guitare hypnotique, quelques percussions, le tout surplombé par un clavier aérien jouant des arpèges glaçants de beauté céleste. Mais on pourrait tout aussi bien citer un beaucoup plus rock (même si toujours acoustique) Gelsomiinan Naama, ou au contraire les plus calmes et ambient Nukkesaari ou Etanapolku (une autre merveille, avec une très belle utilisation de la voix), ou le plus bruitiste et ouvertement psychédélique Kirppusaari, qui pour le coup renvoie directement à Vibracathedral Orchestra.

Alkuhärkä est donc une belle découverte venue de Scandinavie, un disque qui regorge de trouvailles sonores intéressantes durant ses 40 minutes, et qui surprend en permanence par la diversité des atmosphères et sonorités abordées, même si quelques passages moins prenants subsistent. Si vous cherchez de la musique calme et planante tout en étant expérimentale, ne cherchez plus, vous avez trouvé.

Kemialliset Ystävät - Alkuhärkä (2004, Fonal)

  1. Sohjovyö
  2. Antihistamiinimatkaaja
  3. Hirvikärpästen Hovissa
  4. Kiimanityn Kutsu
  5. Kuu Kostaa
  6. Gelsomiinan Naama
  7. Alkuhärkä
  8. Savuava Harmonia
  9. Koirien Kasvattama
  10. Kamelin Hikeä
  11. Nukkesaari
  12. Kirppusaari
  13. Kyyn Sisuksissa
  14. Etanapolku
  15. Sata Salamaa Iskee Tulta Ja Elämä Räjähtää
  16. Kaatuvan Ihmispyramidin Svengi
  17. Lummehuone
  18. Yössä

Myspace: Kemialliset Ystävät

Myspace de fan de Kemialliset Ystävät (avec Kiimanityn Kutsu en écoute)

Autechre: “Quaristice”

Quaristice

Un album d’Autechre est toujours fascinant, avant même son écoute. Les pochettes, les titres de morceaux, tout est fait pour donner à une œuvre un caractère mystérieux avant d’avoir mis le disque en marche. Quaristice ne déroge pas à la règle: on se noie dans le bleu profond de cet artwork, sur lequel on distingue le tracklisting, et même le code barre et les informations légales. A l’arrière, toujours ce bleu, agrémenté de deux carrés noirs et blancs. A l’intérieur, on trouve toujours ce schéma tricolore, et ce bleu, ce bleu omniprésent.

Mais parlons de la musique. Quaristice n’est certainement pas l’album si accessible que l’on nous avait annoncé. Bien sur, le duo revient ici à un son beaucoup plus mélodique que sur ses dernières œuvres, ouvertement expérimentales, presque uniquement basées sur des rythmiques toujours plus complexes (Confield et Draft 7.30 en particulier étaient des sommets de ce genre), et on trouve même ici des morceaux qui n’auraient pas dénaturé Amber (le chef-d’œuvre mélodique du groupe). Mais l’alternance de passages très mélodiques et de sections rythmiques, ajouté au nombre de morceaux, fait justement toute la difficulté de cet album: on ne peut jamais réellement savoir à quoi s’attendre. Les morceaux font généralement moins de cinq minutes, ce qui est très inhabituel pour Autechre qui nous avait habitué à de longues (dé)constructions progressives: ici, les idées sont exploitées de façon beaucoup plus courtes et les développements plus immédiats. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser cela est loin de faciliter la tâche pour l’auditeur qui se voit entraîné d’un paysage à l’autre sans avertissement: il est très difficile de cerner les différentes pistes et les premières écoutes sont très déstabilisantes.

Il faut donc un certain temps d’adaptation pour appréhender ce Quaristice. Car si certains morceaux, comme le binôme Tankakern / rale (la programmation de Tankakern, accompagnée d’une basse massive est imparable, les synthés stressants et le beat minimal de rale le sont tout autant), ou les morceaux aux rythmiques presque acid comme 90101-5|-| ou chenc9 qui nous rappellerait presque Aphex Twin, sont immédiatement efficaces, la plupart des vingt morceaux du disque ne se révèlent qu’après des écoutes répétées. Mais passé ce cap, Quaristice livre toute la beauté de ses paysages opaques, flous. Et l’on s’aperçoit de la profonde beauté des morceaux ambient comme l’introductif Altibzz, le nocturne Notwo ou le très sombre paralel Suns (le titre du morceau en lui même est splendide), des mélodies incroyables que recèlent des joyaux comme le magnifique Theswere aux accents chinois, le brillant Simmm aux sons rebondissants ou le mystérieux et déstructuré WNSN, qui mélange une mélodie étrange à une programmation electronica de très grande qualité. On se rend compte de la folie qui habite IO ou Perlence, par exemple, avec leurs mélodies malades. Ou encore que les pistes les plus electronica, ne sont justement pas de simples boucles complexes tournant en roue libre: des morceaux comme bnc Castl mais surtout plyPhon nous achèvent à coups d’assauts rythmiques, alors que Steels et Fol3 laissent une impression de vertige, avec ces sons sortant de nulle part. Autechre démontre également son talent pour trouver des rythmes déstructurés et pourtant donnant une envie immédiate de balancer sa tête en rythme (osez me dire que Pen Expers sur Confield n’était pas groovy!): The Plc ou fwzE par exemple sont vraiment très dansants… Au final, chacun des titres de ce disque révèle donc au fil du temps des qualités que l’on n’avait pas perçues lors des premières écoutes.

Plus qu’un disque d’electronica, c’est donc bien un grand disque de plus qu’Autechre nous livre ici avec ce Quaristice. Mystérieux, flou, beau, inquiétant, opaque, dansant, complexe, mélodique, abrasif, étrange, Quaristice est tout ça à la fois, et même bien plus. Un peu comme un laboratoire d’idées, ce disque nous emmène dans des contrées inexplorées (voire plusieurs en même temps par moment) en les enchaînant les unes après les autres, ce qui peut laisser un arrière-gout de mystère lors des premières écoutes, même si les morceaux plus accessibles permettent déjà de déceler des qualités au disque. Mais c’est vraiment en y revenant à de plusieurs reprises que vous découvrirez les vraies qualités enfouies dans ce voyage sonore. Le duo de Sheffield vient donc une nouvelle fois de publier un chef-d’œuvre, voire même l’un de ses meilleurs albums… Mais il est sans doute encore trop tôt pour en juger.

Autechre - Quaristice (2008, Warp)

  1. Altibzz
  2. The Plc
  3. IO
  4. plyPhon
  5. Perlence
  6. SonDEremawe
  7. Simmm
  8. paralel Suns
  9. Steels
  10. Tankakern
  11. rale
  12. Fol3
  13. fwzE
  14. 90101-5|-|
  15. bnc Castl
  16. Theswere
  17. WNSN
  18. chenc9
  19. Notwo
  20. Outh9X

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